L'Europe finit sur de faibles variations dans des échanges prudents
par Claude Chendjou
PARIS, 24 mars (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé mardi sur de faibles variations dans des échanges ?dominés par la prudence dans un contexte d'incertitude persistante au Moyen-Orient au 25e jour de guerre menée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran.
À Paris, le CAC 40 a fini sur ?un gain de 0,23% à 7.743,92 points, à l'issue d'une séance volatile. Le Footsie britannique a avancé de 0,60%, mais le Dax allemand a reflué de 0,06%.
L'indice EuroStoxx 50 a gagné 0,19%, le FTSEurofirst 300 0,45% et le Stoxx 600 0,46%.
Au moment de la clôture en Europe, le Dow Jones grappille 0,19%, mais le Standard & Poor's 500 perd 0,01% et le Nasdaq abandonne 0,47%
Face ?aux déclarations contradictoires des Etats-Unis et de l'Iran, les premiers laissant espérer un règlement diplomatique du conflit, le deuxième démentant tout contact, le doute est revenu sur les marchés après le bref soulagement de la veille.
Parallèlement, l'Iran et Israël poursuivaient mardi leurs ?échanges de tirs de missiles, tandis que Tsahal entend contrôler une partie du sud du ?Liban s'étendant jusqu'au fleuve Litani, signe que le conflit est loin d'être terminé.
"C'est comme (recevoir) un coup de fouet. Vous vous réveillez tous les matins en vous demandant ce qui ?va se passer encore (...)", résume Christopher O'Keefe, gestionnaire de portefeuille chez Logan Capital Management.
Dans ce contexte, les indices mesurant la peur à Wall Street et sur l'EuroStoxx 50 sont restés à des niveaux élevés, proches des 30 points, tandis que les cours du pétrole sont repartis à la hausse et ?les rendements obligataires à nouveau sous tension.
VALEURS EN EUROPE
Le compartiment européen de ?l'énergie s'est distingué avec un gain de 2,32%, suivant le rebond des cours du pétrole et du gaz.
Puig a bondi de ?12,97%, le groupe espagnol de produits de beauté ayant confirmé être en discussions avec Estée Lauder en vue d'une fusion.
Bayer a reculé de 1,88% après une information selon laquelle Inclusive Capital Partners envisage de céder une participation qu'il détient dans le groupe.
Kingfisher a fini en repli de 2,29% après la publication de ses résultats annuels.
SAP a abandonné 4,06%, JPMorgan ayant abaissé sa recommandation sur ?l'éditeur de logiciels de "surpondérer" à "neutre".
LES INDICATEURS DU ?JOUR
La croissance du secteur privé dans la zone euro a fortement ralenti en mars, la guerre au Moyen-Orient ayant propulsé les coûts des intrants à ?leur plus haut niveau depuis plus de trois ans et provoqué les pires perturbations de la chaîne d'approvisionnement depuis mi-2022, selon l'enquête PMI.
L'économie de la France devrait croître de 0,2% au ?premier et au deuxième trimestres, un taux identique à celui du quatrième trimestre, indique l'Insee dans ses perspectives à court terme.
CHANGES
Le dollar se raffermit de nouveau mardi, ?de 0,44%, face à un panier de devises de référence, à mesure que s'estompe l'optimisme quant à une fin rapide de la ?guerre en Iran. Le billet vert s'est ?renforcé de 1,7% depuis le début du mois et est passe de réaliser sa plus forte progression mensuelle depuis octobre, le conflit en cours ayant alimenté la demande vers les actifs refuge.
L'euro ?cède 0,21%, à 1,1588 dollar, tandis que la livre sterling s'échange à 1,3386 dollar (-0,31%), après respectivement un ?gain de 0,40% et près de 1% lundi.
TAUX
Le rendement du Bund allemand, référence pour la zone euro, a fini en légère baisse, à 3,015%, contre 3,077% lundi, qui était alors son plus haut niveau depuis juin 2011, ?sur fond de craintes persistantes de conflit au Moyen-Orient.
Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans était, pour sa part, toujours ferme, prenant 4,8 points de base, à 4,3817%, proche d'un pic de huit ans.
Les marchés financiers ne croient plus à une baisse des taux de la Réserve fédérale cette année, tandis qu'ils tablent sur deux relèvements des coûts d'emprunt ?par la Banque centrale européenne (BCE) d'ici juillet, avec la perspective d'une résurgence de l'inflation et d'un ralentissement économique.
L'impact de la guerre s'est fait sentir dans l'enquête PMI qui montre un net ralentissement de la croissance du secteur privé en zone euro en mars. Des enquêtes similaires menées en Allemagne ont indiqué que la croissance du secteur privé avait atteint son niveau le plus faible en trois mois, tandis qu'en France, elle s'est contractée au rythme le plus rapide depuis octobre.
PÉTROLE
Le marché pétrolier a rebondi mardi avec la persistance des perturbations dans l'approvisionnement mondial et le démenti de l'Iran sur d'éventuelles négociations avec les Etats-Unis
Le Brent grimpe de 4,26% à 104,24 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) bondit de 4,92% à 92,47 ?dollars.
A SUIVRE MERCREDI:
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Tangi Salaün)