Pré-ouverture
Semaine à haut risque pour les marchés avec l'emploi américain
publié le 09/02/2026
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes sont attendues en légère hausse lundi à l'ouverture d'une semaine qui s'annonce riche en indicateurs économiques, avec en principal point d'orgue, vendredi, le rapport mensuel sur l'emploi américain.D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien devrait ouvrir en hausse de 0,2%, le DAX à Francfort devrait gagner 0,3% tandis que le FTSE 100 de Londres est attendu autour de l'équilibre.
En dépit du contexte géopolitique tendu, de la volatilité des prix des métaux précieux, de la chute des cryptomonnaies et des questionnements autour de l'IA, les marchés d'actions européens ont bien démarré l'année 2026, l'Euro STOXX s'étant adjugé près de 3,6% depuis le début de l'année.Le CAC a gagné de son côté 1,8% la semaine passée, mettant ainsi fin à trois exercices hebdomadaires dans le rouge, ce qui lui permet d'afficher un gain annuel de l'ordre de 1,5 % pour l'instant.
Portés par une vague de rachats à bon compte, les marchés d'actions américains ont opéré un rebond spectaculaire vendredi, qui s'est traduit par une hausse de 2,5 % pour l'indice Dow Jones, lequel a franchi pour la première fois de son histoire le cap des 50 000 points.Les investisseurs sont revenus sur le secteur des semi-conducteurs, à commencer par Nvidia ( 7,9%), mais aussi, dans une certaine mesure, sur les valeurs logicielles, avec un début de chasse aux bonnes affaires après une séquence baissière due aux inquiétudes concernant l'effet disruptif de l'IA, qui avait poussé le secteur en marché baissier, avec un repli de 39 % depuis ses plus hauts de septembre dernier.
"Le problème ne concerne pas tant les bénéfices qui sont générés aujourd'hui que l'incertitude qui entoure les marges qui seront dégagées demain", expliquaient la semaine passée les analystes de Goldman Sachs."Après des années durant lesquelles les investisseurs se sont acharnés à identifier les actions les plus exposées au potentiel de l'IA, les craintes liées aux bouleversements qu'elle entraîne les ont ramenés vers des secteurs davantage ancrés dans l'"économie réelle"", explique la banque américaine.Pour bon nombre de stratèges, le récent épisode de volatilité n'est pas appelé à disparaître dans l'immédiat, d'autant plus que la semaine qui s'ouvre aujourd'hui comporte un piège de taille : le rapport mensuel sur l'emploi américain, qui aurait dû paraître vendredi, mais qui sera publié mercredi en raison du "shutdown" partiel à Washington.
Après la série d'indicateurs inquiétants relatifs au marché du travail dévoilés la semaine dernière, certains économistes s'inquiètent d'un ralentissement trop prononcé de l'emploi, qui pourrait faire craindre un ralentissement de l'économie américaine."Le marché du travail américain reste fragile, avec une croissance moyenne des créations d'emplois sur trois mois qui est retombée à zéro pour la première fois depuis le début du cycle actuel", pointent les stratèges de Bank of America."Lors des cycles précédents, un arrêt de la croissance de l'emploi a systématiquement été un signal avant-coureur d'une montée des tensions macroéconomiques et financières", prévient la banque d'affaires new-yorkaise.Jusqu'à présent, les investisseurs ne se sont pas trop inquiétés de la faiblesse du marché du travail, dans la mesure où elle s'est accompagnée d'une croissance économique toujours solide, ce qui laissait entrevoir un soutien continu de la part de la Réserve fédérale.
Mais BofA fait remarquer que cette résilience s'explique en grande partie par le fait que les ménages ont puisé dans leur épargne afin de lisser leur consommation face à une période de faiblesse des revenus."Si la dégradation du marché du travail devait s'accentuer, elle pourrait commencer à peser sur la consommation, d'autant plus que le taux d'épargne est déjà à des niveaux exceptionnellement bas", souligne la firme."Cela pourrait, à terme, remettre en cause l'euphorie actuelle des investisseurs", prévient-elle.Outre le rapport sur l'emploi de mercredi, la semaine sera également rythmée par les derniers chiffres des prix à la consommation (CPI), qui devraient encore ressortir à 2,5 % au mois de janvier.Les comptes trimestriels de Cisco, Coca-Cola et Siemens seront également surveillés, alors que la saison des résultats s'est révélée jusqu'ici plutôt terne, seulement 76 % des entreprises américaines ayant fait mieux que prévu, contre une moyenne de 78 % ces cinq dernières années.
Dans ces conditions, les marchés d'actions européens pourraient bien poursuivre leur surperformance, indiquent les analystes, les investisseurs cherchant à la fois à se détourner de marchés d'actions américains très concentrés autour des grosses capitalisations et à profiter des valorisations plus raisonnables affichées sur le Vieux Continent.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.