Pré-ouverture
L'Europe échappe, pour l'instant, à la zone de turbulences
publié le 05/02/2026
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes devraient ouvrir sans grand changement jeudi matin en dépit des difficultés rencontrées par Wall Street, qui a de nouveau été emportée par un regain d'aversion pour le risque la veille, alors que la Banque centrale européenne (BCE) s'apprête à s'exprimer dans quelques heures à l'issue de sa réunion de politique monétaire.
Les contrats à terme sur indices suggèrent un début de séance à l'équilibre pour le CAC, le DAX allemand à Francfort et le FTSE 100 à Londres.Entre le brutal décrochage des métaux précieux et les inquiétudes entourant les effets potentiellement dévastateurs de l'IA sur le secteur des logiciels, les marchés d'actions mondiaux ont traversé une forte zone de turbulences ces derniers jours, ce qui n'a pas empêché le CAC 40 de tirer son épingle du jeu.
Depuis jeudi dernier, l'indice parisien a grimpé de 2,4%, faisant largement mieux que le S&P 500 qui a perdu 1,4% dans l'intervalle. L'indice paneuropéen Europe STOXX 600 a également surperformé son homologue new-yorkais en s'arrogeant un gain de 1,8% en cinq séances.En raison de l'imprévisibilité ayant caractérisé la politique menée par l'administration Trump en ce début d'année 2026, la thématique "Sell America" est en train de refaire surface, poussant les investisseurs à sortir des actions américaines, comme en écho à la tendance qui avait porté les places boursières européennes au cours des premiers mois de 2025.
Dans ce contexte quelque peu chaotique, tous les regards vont se tourner aujourd'hui vers Francfort, où la BCE rendra sa décision de politique monétaire à 14h15 avant la traditionnelle conférence de presse de sa présidente Christine Lagarde, prévue à 14h30.Le scénario d'un "statu quo" pour la cinquième fois d'affilée ayant largement été anticipé par les marchés, les annonces de l'institution ne devraient pas provoquer beaucoup de remous sur les marchés.Les investisseurs suivront néanmoins avec attention les déclarations de Christine Lagarde, en quête de commentaires sur une éventuelle baisse de taux cette année, une hypothèse jugée de plus en plus crédible afin de contrecarrer la vigueur de l'euro, qui est récemment revenu tester des plus hauts de presque cinq ans face au dollar, à quasiment 1,20.
"Selon les analyses de sensibilité de la BCE cette hausse pourrait amputer la croissance et l'inflation d'un dixième de point", rappelaient en début de semaine les analystes d'Oddo BHF."Si l'euro montait à 1,25 sur l'année, ce serait 0,2 point d'amputation au niveau de la croissance et de l'inflation", précise la banque privée.La Banque d'Angleterre, qui se réunit elle aussi aujourd'hui, devrait également laisser ses taux inchangés après son assouplissement du mois de décembre, le récent sursaut de l'inflation au Royaume-Uni ayant eu pour effet de repousser la prochaine baisse de taux au printemps.A Wall Street, les trois indices phares ont terminé en ordre dispersé mercredi, dans un marché qui apparaît particulièrement inquiet pour le sort des éditeurs de logiciels face au développement de l'IA, comme l'illustre le repli de 18% qu'accuse désormais l'indice sectoriel IVG depuis le début de l'année.
A la clôture, le Dow Jones avançait de 0,5%, mais le S&P 500 perdait 0,5% et le Nasdaq Composite lâchait 1,5%.Avec ce nouveau recul, l'indice à forte pondération technologique efface ses gains de l'année et cède désormais 1,5% depuis le 1er janvier.Les semi-conducteurs ont nettement reculé après l'annonce par AMD d'une montée en puissance de ses investissements dans l'IA cette année (-17% à la clôture pour le titre), qui entraînait à la baisse tout le secteur technologique (-1,9%)."S'il fallait résumer le sentiment qui a prédominé hier sur les marchés, ce serait "vendez les éditeurs de logiciels" et "acheter l'économie réelle"", résume ce matin Michael Brown, stratège chez Pepperstone."On se trouve face à un marché qui semble vaciller en surface, mais qui s'avère, de mon point de vue, bien plus résistant en profondeur", ajoute l'analyste."Par exemple, 72% des valeurs du S&P ont clôturé en hausse hier, en dépit des gros titres alarmistes, et les segments cycliques ont une nouvelle fois surperformé lors de la séance", précise Michael Brown.
Alphabet est parvenu à rassurer les acheteurs hier soir en dévoilant des résultats trimestriels supérieurs aux attentes, mais le montant colossal de ses investissements prévus cette année (entre 175 et 185 milliards de dollars) pesaient sur le titre, qui perdait autour de 1,6% en cotations avant-Bourse.Emboîtant le pas de New York, les indices asiatiques ont terminé la séance en baisse. A Tokyo, le Nikkei abandonnait 0,9% tandis qu'en Chine le CSI 300 regroupant les grandes capitalisations continentales cédait 0,6%.La baisse des marchés d'actions ne favorise ni le yen, qui perd 0,2% ce matin face au dollar, ni le marché obligataire.Le rendement des obligations du Trésor américain à dix ans se tasse autour de 4,2750%, après être dépassé le seuil des 4,30% il y a deux semaines, un plus haut depuis septembre dernier.La tendance de fond baissière continue de prédominer en Europe, où le Bund se dégrade de 0,2 point de base à près de 2,85% tandis que les OAT avancent de 1,6 point vers 3,45%.Du côté des cryptomonnaies, le Bitcoin - qui avait enfoncé le support crucial des 74 000 dollars hier - poursuit sa glissade et repasse sous le seuil des 72 000 dollars, à 71 283 dollars -6,6%) son plus mauvais niveau observé depuis début novembre 2024 et l'élection de Donald Trump.
Les experts évoquent un fort retrait de la liquidité dû à des débouclages de positions massifs sur les marchés dérivés, à la fragilité des flux des ETF spot et à des ventes forcées ou anticipées d'acteurs très endettés comme les entreprises ayant accumulé du bitcoin à crédit.En Europe, la séance s'annonce comme l'une des plus chargées de la saison en matière de publications avec les comptes de BNP Paribas, BBVA, Shell ou UniCredit.Aux Etats-Unis, la séance sera également très animée aussi puisqu'on attend les résultats d'Amazon après-Bourse.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.