Sébastien Korchia
Directeur Général - Directeur des Investissements chez Cogefi Gestion
Conflit au Moyen-Orient : qui sont les gagnants et les perdants sur les marchés financiers ?
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Publié le 18 Mars 2026
A mon sens, nous sommes à la fois face à un choc d’offre durable et à une prime géopolitique temporaire. Toute la difficulté tient au fait que ce caractère « temporaire » est impossible à dater à ce stade, puisqu’il dépend entièrement de la durée du conflit, de son intensité et de ses conséquences concrètes sur les infrastructures.
Nous sommes à la fois face à un choc d’offre durable et à une prime géopolitique temporaire 
À cela s’ajoute une dimension moins visible mais tout aussi essentielle : la désorganisation logistique mondiale. Le redémarrage des puits ne suffit pas à rétablir la fluidité du marché. Les flux maritimes eux-mêmes sont désynchronisés. Certains navires sont pleins mais immobilisés, d’autres sont vides ailleurs, et d’autres encore attendent sur les routes maritimes. Il faudra reconstituer progressivement une organisation cohérente et ordonnée des flux. Là encore, cela prend du temps. Autrement dit, même si la situation militaire s’améliore, le choc ne disparaît pas immédiatement : il existe un effet de retard, un temps de latence.
Même si le conflit s’arrête, le retour à la normale ne sera pas immédiat 
Cette redécouverte géoéconomique ne se limite d’ailleurs pas au pétrole. La crise révèle à quel point le monde dépend de cette région pour de nombreuses ressources moins visibles. Une part significative des engrais mondiaux, entre 30 et 40 %, y transite. Le Qatar joue également un rôle majeur dans la production d’hélium, indispensable aux semi-conducteurs. La région est aussi un producteur important de soufre, nécessaire à la fabrication d’acide sulfurique, lui-même essentiel à la production de cuivre, matériau clé pour l’électrification et donc les datacenters. Au-delà du pétrole, c’est donc toute une architecture géoéconomique qui réapparaît brutalement.
En définitive, la réponse est bien double : il existe à la fois un choc d’offre potentiellement durable, lié aux délais techniques et logistiques, et une prime géopolitique qui s’installe à mesure que le monde redécouvre sa dépendance structurelle à cette région. D’ailleurs, au-delà des cours « spot » (livraison immédiate) du pétrole qui sont à 100 dollars environ, les cours à termes pour les prochains moins se sont stabilisés autour des 80 USD soit en dessous des niveaux actuels, traduisant ainsi une anticipation de désescalade, mais au-dessus des 60 USD que nous connaissions fin 2025 dans un monde débordant de pétrole !
Justement, au-delà de la théorie, que disent les marchés de cette situation ?
Pour dépasser une approche purement théorique, il est nécessaire d’observer ce que les marchés intègrent réellement. L’idée centrale est que les marchés actions ne sont pas toujours les plus pertinents pour analyser ce type de situation. Ils réagissent souvent de manière plus immédiate et émotionnelle, parfois au détriment de l’analyse, un peu comme il y a quelques semaines en vendant sans trop réfléchir (« Sell first, Think after ») tout ce qui pouvait être disrupté par l’IA. Pour une lecture plus fine, il convient plutôt de se tourner vers les marchés obligataires.
Les marchés obligataires ne perçoivent plus la situation comme un simple épisode passager 
Les taux signalent déjà le retour d’un risque inflationniste durable 
Les marchés obligataires envoient ainsi un signal relativement clair : ils ne perçoivent plus la situation comme un simple épisode passager, mais comme un phénomène susceptible de s’inscrire dans le temps. En ce sens, ils valident déjà en partie l’idée d’une prime de risque plus durable.
À partir de quel niveau de prix du pétrole peut-on envisager un effet récessif sur la macroéconomie ?
La question est légitime, mais la réponse est plus nuancée qu’il n’y paraît. Il ne s’agit pas seulement d’un niveau de prix, mais aussi — et surtout — d’une question de durée. Certes, le pétrole est passé depuis le début de l’année, d’environ 60 dollars à près de 100 dollars, soit une hausse de plus de 60 %, ce qui constitue un mouvement extrêmement significatif. Pourtant, au-delà du niveau, c’est la vitesse, l’ampleur et surtout la durée de cette hausse qui comptent.
Un tel mouvement ne peut être neutre. Il a nécessairement des conséquences. Mais le point essentiel est ailleurs : ce n’est pas uniquement « combien », mais « combien de temps ». Une hausse brève peut être absorbée par l’économie. En revanche, une hausse prolongée devient progressivement récessive.
ECe n’est pas seulement une question de niveau, mais surtout de durée 
Une hausse brève peut être absorbée, une hausse prolongée devient récessive 
Pour nous rassurer, rappelons-nous que si en 2025 le pétrole évoluait plutôt autour de 60 USD, le niveau médian de 2015 à 2025 était plutôt à 70 USD avec un dollar plus fort en plus. Nos économies savent donc évoluer avec un baril durablement entre 70 et 80 USD.
Faut-il donc regarder davantage la durée que l’intensité du choc ?
Oui, clairement. La durée compte davantage que l’intensité ponctuelle. En d’autres termes, un choc brutal mais bref peut encore être absorbé, tandis qu’un choc moins spectaculaire mais prolongé peut devenir bien plus dangereux.
La durée compte davantage que l’intensité ponctuelle 
Or, lorsque les taux montent, la question dépasse immédiatement le seul pétrole. C’est alors l’investissement, l’immobilier, la valorisation des actions et la richesse financière des ménages qui se trouvent affectés. Le pétrole devient ainsi le point de départ d’un enchaînement beaucoup plus large.
Ce sont les effets de second tour qui deviennent les plus dangereux 
C’est précisément pour cela que la durée du choc importe davantage que son niveau instantané : elle laisse le temps aux anticipations, aux taux, aux effets de second tour et au ressenti inflationniste de s’installer.
Peut-on aussi craindre des effets politiques au-delà des effets économiques ?
Oui, et c’est un point essentiel. Une poussée d’inflation, surtout lorsqu’elle touche les dépenses les plus visibles et les plus essentielles des ménages, peut modifier les rapports de force politiques, peser sur les sondages, fragiliser des majorités et, par ricochet, changer la manière dont les marchés lisent la situation.
Une poussée d’inflation peut modifier les rapports de force politiques 
Un choc énergétique peut finir par devenir un choc politique 
Nous pouvons prendre l’image de l’effet papillon : on touche un point précis du système, et les conséquences se propagent bien au-delà de leur point de départ. Autrement dit, un choc énergétique peut devenir macro-économiquement récessif ou stagflationniste non seulement par son impact direct sur les coûts, mais aussi par ses effets indirects sur les taux, sur le comportement des consommateurs et sur les équilibres politiques.
L’effet est-il le même partout dans le monde, ou certaines régions sont-elles plus exposées que d’autres ?
L’effet n’est absolument pas homogène. Au contraire, les premiers touchés sont souvent les pays les plus fragiles, notamment dans le monde émergent. Des exemples concrets peuvent être cités, comme le Vietnam ou le Bangladesh. Ce sont des économies déjà très tendues, qui ne disposent ni de grandes infrastructures pétrolières, ni de grandes capacités de stockages, et dans lesquelles le carburant constitue un bien de survie quotidienne. Lorsqu’on limite l’achat d’essence à quelques litres, cela ne perturbe pas seulement les transports : cela affecte directement la capacité des populations à travailler, à circuler et, plus largement, à vivre normalement.
L’effet n’est absolument pas homogène 
Les pays les plus fragiles sont les premiers touchés 
La Chine apparaît enfin comme un cas particulier. Elle est fortement concernée par les flux de la région, mais elle dispose de réserves considérables, de l’ordre de 1,4 milliard de barils, soit environ 140 jours de l’intégralité de sa consommation, soit environ 10 à 15 j de la consommation mondiale de pétrole. Elle peut donc absorber un choc plus longtemps que d’autres acteurs. En revanche, elle pourrait réagir sur un autre terrain, par exemple en limitant certaines exportations d’essence et de diesel, ce qui déplacerait alors le problème du brut vers les produits raffinés. Et l’on voit ici apparaître un nouvel effet domino : on ne parle plus seulement de pétrole brut, mais de raffinage, puis de capacités industrielles, puis de secteurs entiers dépendants de ces produits.
À partir de quelle durée la situation devient-elle vraiment critique ?
Là encore, la réponse demeure prudente, car personne ne peut avancer une date précise. Si une telle situation devait durer entre un et deux mois, alors des problèmes sérieux commenceraient à apparaître presque partout, même si leur nature varierait selon les pays.
Au-delà d’un mois, la situation devient déjà très délicate 
Il ne faut surtout pas réduire l’analyse au seul pétrole. Avec le temps, ce sont tous les produits et intrants liés à cette zone qui deviennent des foyers de tension. C’est pourquoi la durée constitue le véritable seuil critique. Au-delà d’un mois, la situation devient déjà très délicate. Ensuite, les problèmes d’approvisionnement tendent à se multiplier par couches successives.
Peut-on préjuger de cette durée ?
A ce stade, cela me parait très difficile. Ce que l’on peut dire c’est qu’en raison des enjeux politiques américains, les élections de mi-mandat, et surtout la date symbolique du 4 juillet, correspondant au 250ème anniversaire de l’indépendance des États-Unis, Donald Trump ne peut pas se présenter à un tel moment historique enlisé dans une guerre impopulaire. Cela crée un cadre temporel et politique susceptible d’influencer ses décisions.
Il existe néanmoins des contraintes politiques qui créent une borne implicite 
Rappelons en effet que les Etats-Unis sont entrés en Guerre sans que le Congrès n’ait été consulté. La « War Powers Resolution » inscrite dans la constitution en 1973 impose au Président des Etats-Unis une limite de 60 jours pour des opérations militaires sans autorisation formelle du Congrès !
Les États ont-ils les moyens de calmer le jeu, notamment en libérant leurs réserves stratégiques ?
Oui, les États disposent bien d’un levier en libérant des stocks stratégiques. Mais il existe souvent une confusion entre l’annonce politique et la réalité physique des flux.
Les réserves stratégiques n’arrivent pas instantanément sur le marché 
Or, dans le même temps, si le détroit d’Ormuz est bloqué, ce sont environ 20 millions de barils par jour qui disparaissent du marché. Le raisonnement est alors saisissant : si on libère 400 millions de barils, mais qu’il faut quinze à vingt jours pour qu’ils arrivent effectivement, le manque cumulé a déjà absorbé cette quantité durant l’intervalle. Autrement dit, les réserves ne règlent pas le problème ; elles en amortissent temporairement les incidences.
Elles n’effacent pas le choc, elles en amortissent seulement les effets 
Rappelons une fois encore que si un pétrole à 100 dollars est douloureux, il ne faut pas oublier que les économies ont déjà vécu pendant de longues périodes avec un baril situé entre 70 et 80 dollars, sans effondrement généralisé. Tout niveau supérieur à 60 dollars n’est donc pas immédiatement synonyme de catastrophe. Il faut replacer cela dans une perspective historique plus large.
Le régime de volatilité observé sur les marchés financiers doit-il inquiéter ?
Pour l’heure, je répondrais par la négative, nous ne sommes pas encore dans une phase de panique véritable. La volatilité a certes remonté, mais il faut rappeler le point de départ. Pendant les deux ou trois dernières années, les marchés ont évolué dans un environnement de volatilité anormalement basse. Une image à donner peut-être celle du rythme cardiaque : un marché « normal » afficherait une volatilité comparable à un rythme de 70 ou 80 battements, alors que, récemment, il fonctionnait presque au ralenti, avec un rythme proche de 40. Ce n’était pas réellement sain, mais c’était devenu la norme.
Nous ne sommes pas encore dans une phase de panique véritable 
La volatilité reflète un stress réel, mais pas une désorganisation générale 
Observe-t-on aujourd’hui un véritable mouvement de « risk-off », c’est-à-dire une fuite généralisée hors du risque ?
Pas encore, du moins pas au sens fort du terme sinon les marchés actions auraient davantage décroché.
Il ne s’agit pas d’un risk-off pur 
En revanche, les arbitrages ont été nombreux. Les investisseurs ne fuient pas massivement les marchés, mais ils reconfigurent leurs expositions. Le scénario de début d’année reposait sur un dollar plus faible, une préférence pour les marchés émergents et pour l’Europe, ainsi qu’une certaine réserve vis-à-vis de la technologie américaine jugée chère.
Les investisseurs reconfigurent leurs expositions plus qu’ils ne fuient le marché 
Il ne s’agit donc pas d’un « risk-off » pur, mais plutôt d’un vaste repositionnement.
Dans ce type de configuration, peut-on déjà identifier des secteurs gagnants ?
Intuitivement, la réponse semble positive. On pense spontanément à l’énergie, aux utilities, à la défense, au transport maritime ou à certaines activités logistiques. Dans l’immédiat, ces thématiques s’imposent naturellement à l’esprit.
Les valeurs pétrolières peuvent profiter de la hausse du brut. Les utilities, déjà bien orientées dans certains pays comme l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, peuvent poursuivre leur progression. Les sociétés de transport maritime peuvent également répercuter des hausses de tarifs unitaires. On peut aussi songer à certains cas plus spécifiques, notamment dans l’univers des engrais.
Les thématiques évidentes sont souvent déjà dans les portefeuilles 
Quand tout le monde est déjà positionné, l’acheteur marginal disparaît 
Même les valeurs pétrolières ne s’envolent pas autant qu’on pourrait le croire, car les investisseurs raisonnent déjà à l’étape suivante : si un pétrole cher finit par provoquer un ralentissement, voire une récession, alors la demande d’énergie finira elle aussi par reculer. En somme, même dans les secteurs qui paraissent naturellement gagnants, la prudence reste de mise.
Peut-on alors dire que certains secteurs qui paraissaient fragiles redeviennent paradoxalement attractifs ?
Oui, et c’est précisément ce qui rend la lecture du marché si contre-intuitive. Comme évoqué, avant le conflit, le trio gagnant était plutôt constitué des émergents, de l’Europe, et d’une moindre appétence pour certaines technologies américaines considérées comme trop chères. Après le choc, la lecture s’inverse largement.
Le marché peut devenir contre-intuitif 
Certaines technologies américaines redeviennent des valeurs refuge 
Il s’agit là de la lecture des flux de marché, et non d’une recommandation absolue. Mais c’est ce que les mouvements observés semblent raconter : l’intuition de l’épargnant n’est pas toujours celle de la Bourse.
Faut-il donc éviter de se précipiter sur les thématiques les plus évidentes ?
Oui, très clairement. L’épargnant voit le prix à la pompe monter, entend parler de guerre, de pétrole, de missiles, et en déduit spontanément qu’il faut acheter du pétrole, de la défense ou de l’or. Or les marchés ne fonctionnent pas nécessairement selon cette logique directe mais dans des relations inter-marchés plus complexes notamment liées au taux et au devises qui sont des éléments d’arbitrages, de valorisation, et des courroies de transmissions entre marchés.
Les marchés anticipent bien avant que les évidences ne deviennent visibles 
Le risque est d’acheter trop tard ce que le marché a déjà intégré 
Peut-on identifier des perdants plus clairement que des gagnants ?
Oui, probablement. Les premiers à souffrir sont évidemment les économies émergentes les plus fragiles ou sensibles à l’énergie fossile, notamment en Asie, car elles subissent immédiatement les restrictions d’approvisionnement.
Les économies émergentes fragiles sont en première ligne 
La consommation discrétionnaire est la première variable d’ajustement 
Mais là encore, tout dépend du facteur temps. C’est toujours lui qui verrouille l’analyse. Plus le conflit dure, plus ces perdants se dessinent nettement.
Quel type de positionnement semble le plus adapté dans le contexte actuel ?
Une position assez prudente. Il n’y a pas de liste miracle de valeurs. L’idée principale est qu’il vaut mieux disposer d’un portefeuille équilibré, rester diversifié et conserver du cash ou du monétaire.
Il n’existe pas de liste miracle de valeurs 
La liquidité redevient une solution simple mais robuste 
Les banques centrales peuvent-elles encore soutenir les marchés dans une telle configuration ?
C’est précisément l’un des problèmes majeurs : non, pas vraiment, du moins pas comme lors des précédents épisodes de ralentissement. Pendant des mois, voire des années, les marchés ont vécu selon le schéma du « bad news is good news » : une mauvaise nouvelle économique était interprétée positivement parce qu’elle augmentait la probabilité de baisses de taux. Ici, ce schéma ne fonctionne plus.
Pourquoi ? Parce que la mauvaise nouvelle est désormais inflationniste. Une hausse du pétrole, des coûts logistiques, des engrais ou des intrants n’est pas une mauvaise nouvelle qui appelle un soutien monétaire rapide. C’est au contraire une mauvaise nouvelle qui complique profondément la tâche des banques centrales. Elles se retrouvent confrontées à un choc d’offre inflationniste. Les marchés passent ainsi, d’un univers « bad news is good news » à un univers « bad news is bad news ».
Nous sommes passés de “bad news is good news” à “bad news is bad news" 
Les banques centrales sont désormais coincées face à un choc inflationniste 
Le problème est d’autant plus sérieux que les marchés étaient déjà chers avant même l’apparition de ce nouveau choc. On ajoute donc des incertitudes nouvelles à des valorisations déjà tendues, sans pouvoir compter sur un soutien monétaire rapide. Cela fragilise naturellement l’ensemble.
Faut-il avoir les yeux rivés uniquement sur l’actualité du conflit ?
Non, absolument pas. Se focaliser exclusivement sur cette actualité présente deux dangers majeurs.
Se focaliser uniquement sur le conflit est dangereux 
D’autres risques continuent d’exister en arrière-plan 
Autrement dit, regarder uniquement le conflit, c’est risquer de manquer tout le reste du paysage.
Justement dans le reste du paysage, vous avez à l’esprit un autre risque important, lié à la liquidité, au private equity et à la dette privée ?
C’est ici qu’intervient l’idée selon laquelle un train peut en cacher un autre. Le conflit visible accapare toute l’attention, mais sous cette actualité immédiate, d’autres tensions commencent à émerger notamment dans le domaine du private equity et de la dette privée.
Un train peut en cacher un autre 
Le risque de liquidité dans le non coté est en train de réapparaître 
Le raisonnement des investisseurs devient alors le suivant : si ces actifs doivent être revalorisés à la baisse, mieux vaut sortir immédiatement. Mais le problème est que tout le monde peut former la même conclusion au même moment. C’est précisément à cet instant que surgit le risque. On retombe sur une logique de ruée vers une liquidité qui n’existe pas réellement. C’est un risque comparable, dans son principe, à celui des subprimes de nature à inquiéter autant que 2007-2008, même si précisons que nous ne sommes pas, a priori, dans les mêmes métriques. Mais vous ne pouvez pas empêcher toutes une génération d’investisseurs particuliers et professionnels qui ont connu cette crise majeure de faire un parallèle et de remonter le niveau de vigilance et donc vouloir abaisser leurs risques et donc leurs expositions sur ce thème.
Et il ne s’agit pas d’un problème isolé, car ces répercussions peuvent toucher ensuite les banques, les gestionnaires d’actifs et tous les acteurs exposés à ces marchés. Des expositions importantes commencent d’ailleurs à apparaître ici ou là. Autrement dit, derrière la partie émergée et visible qu’est la guerre, il existe peut-être une partie immergée plus importante : celle d’un problème de liquidité et de valorisation dans tout un segment de la finance non cotée.
En résumé, quel est le message central à retenir pour un investisseur ?
Le message central est qu’il faut résister aux lectures trop simples. Le choc en cours est à la fois énergétique, géopolitique, inflationniste, logistique, politique et potentiellement financier au sens large. Il ne se réduit ni au prix du pétrole, ni à une réaction immédiate de quelques secteurs boursiers.
Il faut résister aux lectures trop simples 
La durée du choc reste la clé de toute l’analyse
AVERTISSEMENT Cette interview ne doit en aucun cas s'apparenter à une recommandation d'acheter, de vendre ou de continuer à détenir un investissement. Elle n’a aucune valeur contractuelle et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
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Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir. Elles ne sont pas constantes dans le temps et ne constituent en rien une garantie de performances à venir.
Imen Hazgui
Conflit au Moyen-Orient : qui sont les gagnants et les perdants sur les marchés financiers ?