Comment M&G a-t-il abordé la situation au Moyen-Orient depuis le début de la séquence ?
M&G a abordé la situation au Moyen-Orient de manière plutôt constructive depuis le début de la séquence 
M&G a abordé la situation au Moyen-Orient de manière plutôt constructive depuis le début de la séquence, dans la mesure où aucun revirement significatif n’a été opéré dans les portefeuilles. L’idée n’était pas de nier le risque, mais de considérer qu’il existait suffisamment d’arguments pour faire l’hypothèse que la crise finirait par se dénouer, d’une manière ou d’une autre, dans un délai raisonnable. Dans ce cadre, il ne paraissait pas pertinent de sur-réagir dans l’immédiat ni de modifier brutalement la construction des portefeuilles sous l’effet de l’émotion ou de la
volatilité de court terme.
Qu'est-ce qui vous a permis de travailler sur ce scénario central ?
Ce qui nous a permis de travailler sur ce scénario central, c’est avant tout l’idée que, de notre point de vue, les deux protagonistes n’ont pas les moyens de poursuivre indéfiniment ce conflit. Cette lecture repose sur un faisceau de contraintes à la fois économiques, militaires et politiques.
Une issue négociée demeure, à moyen terme, le scénario le plus crédible
Aucun des deux camps ne semble en mesure d’assumer durablement le coût d’une confrontation prolongée sans en subir des conséquences croissantes. Par ailleurs, le fait que des pourparlers d’abord avortés aient ensuite repris, et soient appelés à reprendre sans doute de manière encore plus intensive, vient conforter cette analyse. Cela renforce l’idée qu’une issue négociée demeure, à moyen terme, le scénario le plus crédible.
Selon vous, du côté américain, plusieurs pressions s’exercent de manière assez nette. Lesquelles ?
L’administration Trump, et Donald Trump lui-même en particulier, apparaît relativement isolé sur cette question 
L’administration Trump, et Donald Trump lui-même en particulier, apparaît relativement isolé sur cette question. Cet isolement politique constitue un facteur important d’analyse, car il réduit la capacité de l’exécutif à s’engager durablement dans une opération militaire contestée. Dans l’entourage de Donald Trump, les soutiens à cette opération semblent avoir été relativement limités, ce qui pèse nécessairement sur sa
marge de manœuvre. À cela s’ajoute le fait que son propre électorat s’interroge fortement. Or, il a été élu en grande partie sur la promesse de limiter autant que possible les interventions extérieures. Il se trouve donc aujourd’hui dans une forme de contradiction avec son programme électoral initial, ce qui crée une première pression politique très forte. Une deuxième pression tient au calendrier électoral, avec l’approche des midterms. À cette occasion, son électorat pourrait le sanctionner, ce qui constitue une contrainte électorale directe et particulièrement concrète.
Une troisième pression essentielle concerne l’inflation aux États-Unis. Cette dimension macroéconomique est déterminante 
Une troisième pression essentielle concerne l’inflation aux États-Unis. Cette dimension macroéconomique est déterminante. On a en effet pu constater que la hausse des prix de l’énergie provoquée par la séquence géopolitique s’est déjà matérialisée dans la dernière publication d’inflation américaine. Cela confirme que le conflit a un effet immédiat sur les prix, et plus particulièrement sur une variable extrêmement sensible pour l’électorat américain : les prix à la pompe. Cette sensibilité renforce encore la pression politique qui pèse sur l’administration. D’autant que Donald Trump lui-même, pendant sa campagne, avait fait de la maîtrise de l’inflation l’un des axes importants de son programme. Cela constitue donc une troisième raison pour laquelle il n’y a pas d’intérêt évident à prolonger les opérations. On peut ajouter une quatrième contrainte, d’ordre logistique et militaire : de nombreux articles soulignent que les stocks de munitions américains ne sont pas extensibles à l’infini. Au sein de l’état-major américain, la question de l’opportunité de continuer à épuiser ces stocks sur ce conflit se pose donc clairement. L’ensemble de ces éléments montre bien que l’administration américaine recherche, elle aussi, une porte de sortie.
Qu’en est-il du côté iranien ?
Du côté iranien, il existe également plusieurs raisons de chercher une issue. Tout d’abord, les capacités militaires balistiques de l’Iran ont été sérieusement entamées, ce qui réduit sa capacité de frappe à moyen terme. Ensuite, la situation économique va nécessairement se tendre sous les effets conjugués de la crise militaire, des embargos et des sanctions.
La situation économique va nécessairement se tendre sous les effets conjugués de la crise militaire, des embargos et des sanctions 
Ces contraintes vont conduire l’Iran à devoir relâcher progressivement ses exigences. Les sanctions et les embargos vont peser sur l’économie iranienne en limitant les importations, ce qui fragilise progressivement l’équilibre interne du pays. Cette dépendance est particulièrement sensible en matière alimentaire, l’Iran étant très dépendant de certaines importations de produits essentiels. Cela constitue un point de vulnérabilité majeur. Ainsi, entre la destruction significative d’une partie des capacités militaires et l’intensification de la contrainte économique, tout porte à penser que les autorités iraniennes auront, elles aussi, intérêt à négocier avec les Américains.
Comment les marchés interprètent-ils cette situation ?
Notre idée de départ semble progressivement se concrétiser, et le marché paraît s’y rallier. On l’a vu avec des marchés qui ont retrouvé leur niveau d’avant-crise, ce qui traduit une forme de validation du scénario central par les investisseurs.
Ce supplément d’inflation ne paraît pas de nature à faire dérailler l’ensemble de la planète financière 
De notre côté, nous restons donc sur ce scénario. Cela implique de rester vigilants, mais sans céder à des peurs excessives. Nous intégrons néanmoins le fait qu’il y aura sans doute un peu plus d’inflation dans les mois à venir. En effet, même si le détroit venait à rouvrir complètement, cela ne permettrait pas de rattraper instantanément le temps perdu. Il y aura donc vraisemblablement pour 2026 un surcroît d’inflation. Pour autant, ce supplément d’inflation ne paraît pas de nature à faire dérailler l’ensemble de la planète financière.
Comment expliquer la dichotomie observée entre les différents marchés ?
Ce que l’on a pu observer, c’est une forme de dichotomie entre, d’un côté, une respiration des marchés actions et des marchés du crédit, et, de l’autre, un peu plus de pessimisme intégré par le marché de la dette souveraine.
Un peu plus de pessimisme semble être intégré par le marché de la dette souveraine 
Ce décalage peut tout à fait s’expliquer et reste cohérent. En effet, les investisseurs semblent converger vers l’idée que l’inflation sera légèrement plus élevée que ce qui était initialement anticipé. Dans ces conditions, il est logique que les taux à moyen et long terme se soient redressés de quelques dizaines de
points de base. Ce mouvement traduit simplement l’intégration d’un scénario d’inflation désormais un peu plus élevé. Le
marché obligataire ajuste donc ses anticipations en conséquence, tandis que les marchés actions peuvent, eux, rester soutenus par d’autres facteurs.
Pourquoi les marchés actions résistent-ils dans ce contexte ?
La question est en effet légitime : si l’on a davantage d’inflation et des taux un peu plus élevés, pourquoi les marchés actions tiennent-ils aussi bien ? La réponse tient au fait que les perspectives des marchés actions ne dépendent pas uniquement du niveau des taux d’intérêt. Cette lecture multifactorielle est essentielle.
Il est tout à fait possible d’envisager des taux un peu plus élevés tout en conservant des perspectives bénéficiaires solides
Il est tout à fait possible d’envisager des taux un peu plus élevés tout en conservant des perspectives bénéficiaires solides. Autrement dit, le niveau des taux n’épuise pas à lui seul l’analyse des marchés actions. D’autres moteurs peuvent compenser cet environnement financier un peu moins accommodant.
Qu’est-ce qui soutient concrètement ces perspectives ?
Ce qui soutient concrètement ces perspectives, c’est avant tout la formidable dynamique de la technologie, qui semble en mesure de compenser largement un niveau de taux d’intérêt légèrement plus élevé. Cette dynamique structurelle constitue aujourd’hui un moteur central de la croissance et de la productivité.
Le marché actions semble donner davantage de poids à la dynamique technologique qu’au simple repricing des taux 
Le marché actions semble donc donner davantage de poids à la dynamique technologique qu’au simple repricing des taux. Lorsqu’on met les deux éléments en balance, on peut considérer que le dynamisme de la productivité porté par la technologie compensera, sans trop de difficulté, le surcroît éventuel de taux d’intérêt que l’on pourrait observer pendant quelques mois. C’est ainsi que l’on peut donner du sens à la résilience actuelle des marchés actions.
Le marché obligataire peut-il aussi traduire une inquiétude sur les fondamentaux souverains ?
Oui, cette lecture est également tout à fait plausible. Certains peuvent considérer que le
marché obligataire souverain traduit aussi une inquiétude relative aux
fondamentaux des États, notamment dans un contexte où le prix du baril reste élevé et pourrait le demeurer pendant une période significative. Un pétrole durablement cher peut affecter la capacité financière des États, ce qui nourrit un certain pessimisme sur les
fondamentaux souverains.
Cette lecture peut notamment concerner les États-Unis, mais aussi l’Europe, et la France en particulier. Il est clair que la situation financière des États souverains est préoccupante. Le niveau d’endettement est élevé au regard des perspectives de croissance, en particulier en Europe où la croissance demeure faible relativement à la dette accumulée. Aux États-Unis, la situation est légèrement différente dans la mesure où les perspectives de croissance restent plus élevées, ce qui rend les niveaux d’endettement sans doute plus soutenables. En Europe, en revanche, les mesures que les pouvoirs publics commencent à prendre pour soutenir les ménages touchés de plein fouet par la hausse des pris des hydrocarbures risquent de creuser encore les déficits. Cela vient s’ajouter aux inquiétudes déjà présentes sur la solvabilité des États européens. Dans ce cadre, la hausse des taux d’intérêt peut effectivement s’expliquer à la fois par l’exigence d’une rentabilité supérieure face à des perspectives d’inflation plus fortes, mais aussi par l’ajout d’une
prime de risque liée à la dégradation des finances publiques.
Comment faut-il interpréter, à plus long terme, la question de la soutenabilité de la dette ?
À plus long terme, il faut rappeler qu’une inquiétude sur la soutenabilité de la dette ne se traduira probablement pas, en dernier ressort, par des défauts. Elle se traduira plus vraisemblablement par davantage d’inflation.
Les problèmes de dette devraient se résoudre davantage par l’érosion monétaire que par le défaut 
Les problèmes de dette devraient donc se résoudre davantage par l’érosion monétaire que par le défaut, dans la mesure où l’on sait que les banques centrales, en Europe comme aux États-Unis, restent en soutien autant que nécessaire pour financer la dette de leurs États. Cette idée est importante, car elle permet de distinguer le risque de défaut formel d’un risque plus diffus mais bien réel d’érosion monétaire. Lorsque l’on entre dans un régime de financement monétaire généralisé des dettes publiques, cela finit par produire, en bout de course, une inflation d’origine monétaire qui vient précisément éroder la charge réelle de la dette.
Votre scénario central à moyen terme implique-t-il à ce stade une inflation plus élevée, mais sans effets de second tour ?
Oui, c’est bien ce que l’on peut déduire de notre scénario central. Il semble difficile d’envisager un emballement durable de cette inflation, notamment à travers des effets de second tour qui prendraient la forme d’une spirale prix-salaires.
Il semble difficile d’envisager un emballement durable de cette inflation 
Pour qu’un tel scénario se mette en place, il faudrait que les revendications salariales conduisent les entreprises à augmenter significativement les rémunérations, alimentant à leur tour de nouvelles hausses de prix. Or, cela paraît peu probable dans le contexte actuel. Les marges de manœuvre des entreprises pour compenser une inflation persistante par des hausses salariales substantielles sont relativement faibles. On voit donc mal comment les salaires pourraient augmenter de manière suffisamment forte pour entretenir une inflation durablement autoalimentée. Dès lors que le prix des hydrocarbures se stabilisera, l’inflation devrait revenir à un niveau certes plus élevé mais contenu.
Dispose-t-on aujourd’hui d’une visibilité suffisante sur les trajectoires de la Fed et de la BCE ?
À ce stade, le marché valorise autour de deux à trois hausses de taux du côté de la Banque centrale européenne 
La visibilité demeure partielle, et elle diffère selon les deux banques centrales. À ce stade, le marché valorise autour de deux à trois hausses de taux du côté de la
Banque centrale européenne. C’est ce que reflètent aujourd’hui les anticipations de marché. En revanche, les choses paraissent un peu plus floues du côté de la Réserve fédérale, notamment en raison de son double mandat et de la nomination de Kevin Warsh à la tête de l’institution. Il paraît en effet peu probable que la
Fed augmente ses taux d’intérêt dans le contexte actuel, compte tenu de l’arrivée imminente d’un nouveau responsable dont on connaît l’orientation générale, consistant plutôt à contenir la hausse des
taux directeurs. Par ailleurs, à ce stade, la hausse de l’inflation aux États-Unis ne paraît pas suffisamment forte pour justifier de nouveaux resserrements.
La Fed ne devrait pas remonter ses taux 
Il faut également rappeler que la
Fed a un double mandat : elle doit non seulement veiller à la stabilité des prix, mais aussi soutenir la croissance. Or, la croissance américaine semble aujourd’hui un peu sous tension. On est plutôt dans une séquence de ralentissement. Dans ce contexte, la
Fed ne devrait pas remonter ses taux.
La BCE pourrait-elle malgré tout engager des hausses de taux ?
Dans le cas de la BCE, il existe effectivement des discours de plusieurs responsables qui vont plutôt dans le sens d’une hausse des taux, ce que le marché anticipe aujourd’hui sur la base de ces déclarations. Il est donc possible que la BCE procède à une ou deux hausses de taux dans la séquence à venir, d’autant que l’on pourrait observer des chiffres d’inflation plus élevés.
Beaucoup s’interrogent sur la pertinence de relever les taux pour contenir une inflation qui n’est pas liée à un excès de crédit ou à une surchauffe économique 
Cela étant, on peut s’interroger sur l’opportunité réelle d’une telle stratégie. Même si, officiellement, la BCE n’a pas pour mandat explicite de soutenir la croissance, cet objectif demeure en pratique un paramètre qu’elle ne peut totalement ignorer. Beaucoup s’interrogent sur la pertinence de relever les taux pour contenir une inflation qui n’est pas liée à un excès de crédit ou à une surchauffe économique, mais à un déséquilibre offre-demande sur le marché des hydrocarbures. Une hausse des taux peut avoir du sens lorsqu’elle répond à une activité trop forte, à une croissance excessive du crédit ou à un emballement de la demande. Mais dans le cas présent, l’inflation provient essentiellement du choc énergétique. Monter les taux n’aurait donc qu’un effet très limité sur cette cause spécifique, tout en risquant de freiner une croissance déjà faible. Il est donc légitime de s’interroger sur le bien-fondé d’une telle approche.
L’historique de la BCE incite-t-il à ne pas écarter une hausse cette année ?
Oui, l’historique de la BCE invite clairement à ne pas exclure cette possibilité. On peut penser aux décisions prises sous Jean-Claude Trichet en 2011, alors même que la croissance en zone euro était fragile.
L’historique de la BCE invite clairement à ne pas exclure cette possibilité 
Ce rappel historique montre que la BCE peut adopter une lecture très stricte de son mandat inflationniste, y compris lorsque le contexte macroéconomique appellerait davantage de soutien à l’activité. C’est précisément ce précédent qui incite à rester prudent dans l’analyse et à considérer qu’une hausse cette année ne peut pas être complètement écartée.
Avez-vous modifié votre trajectoire d’allocation définie en début d’année ?
Non. L’idée générale de la maison, dans les portefeuilles diversifiés, demeure de privilégier les actions par rapport au crédit. Les actions restent l’actif que l’on souhaite détenir, notamment parce que, dans un monde plus inflationniste, elles offrent une certaine capacité de protection contre l’inflation.
Les actions restent l’actif que l’on souhaite détenir, notamment parce que, dans un monde plus inflationniste, elles offrent une certaine capacité de protection contre l’inflation 
Si l’on considère que nous entrons dans un monde plus multipolaire, marqué par des tensions régulières, par la conflictualité entre les États-Unis et la Chine, par davantage de protectionnisme et par des tensions militaires plus fréquentes, alors tout cela conduit à l’idée d’un peu plus d’inflation structurelle. La crise actuelle au Moyen-Orient s’inscrit précisément dans ce cadre plus large. Dans ce contexte, l’actif actions conserve tout son sens, en particulier pour les entreprises qui disposent d’un véritable pricing power et dont le chiffre d’affaires peut progresser dans un environnement inflationniste.
Pourquoi le crédit d’entreprise est-il sous-pondéré dans cette allocation ?
À l’inverse, le crédit d’entreprise est plutôt sous-pondéré, principalement parce que les spreads se situent à des niveaux relativement faibles au regard de leurs moyennes historiques.
Le crédit d’entreprise est plutôt sous-pondéré, principalement parce que les spreads se situent à des niveaux relativement faibles au regard de leurs moyennes historiques 
Cela signifie que le portage offert par cette classe d’actifs reste limité par rapport au risque encouru. Dans ces conditions, le couple rendement/risque apparaît moins attractif, ce qui justifie une certaine prudence sur cette poche de marché. Autrement dit, on ne considère pas aujourd’hui que le crédit corporate occidental offre une rémunération suffisamment généreuse pour compenser convenablement les risques que l’on prend.
Quelles alternatives recherchez-vous au sein de l’univers obligataire ?
Dans l’univers obligataire, dès lors que l’on ne souhaite pas trop renforcer le crédit d’entreprise, l’une des pistes consiste à aller chercher de la
diversification du côté de la dette émergente. Nous regardons par exemple des pays comme l’Indonésie, le Mexique ou le Brésil, où l’on trouve des rendements significatifs en dollars, et plus encore en devises locales.
L’une des pistes consiste à aller chercher de la diversification du côté de la dette émergente 
Il nous semble que la dette émergente peut constituer une source de
diversification intéressante, précisément parce qu’elle permet d’échapper à l’univers du crédit corporate occidental, dont les spreads sont aujourd’hui extrêmement resserrés. Cela ouvre un espace de rendements plus attractifs, avec une logique de
diversification qui nous paraît pertinente dans les portefeuilles.
Vous regardez également les maturités longues souveraines ?
Oui, nous regardons également les maturités très longues sur les dettes souveraines occidentales. Les rendements à 30 ans avoisinent les 5 % aux USA et au Royaume-Uni, ce qui constitue aussi une forme de
diversification intéressante.
Les rendements à 30 ans avoisinent les 5 % aux USA et au Royaume-Uni, ce qui constitue aussi une forme de diversification intéressante 
Dans un scénario de monde légèrement plus inflationniste, il peut être pertinent de verrouiller un niveau de
rendement élevé sur une longue période. Les niveaux actuellement atteints nous paraissent cohérents avec l’hypothèse d’une inflation un peu plus élevée que celle observée au cours de la dernière décennie. Dès lors, prendre du
rendement sur ces maturités longues peut avoir du sens dans une logique d’allocation diversifiée.
Sur la partie actions, quelle allocation géographique et quelles thématiques privilégiez-vous ?
Sur la partie actions, l’idée directrice de notre allocation, dans les fonds multi-assets, consiste à consacrer une large part de l’exposition à l’Asie. Nous pensons en particulier à la Chine, au Japon, à la Corée et à Taïwan. Le fil conducteur de cette exposition, c’est la technologie asiatique, qui nous paraît très dynamique.
L’ensemble de la chaîne technologique asiatique nous semble offrir un réservoir de croissance particulièrement intéressant 
Elle présente en outre l’avantage de se payer moins cher que la technologie américaine, tout en s’inscrivant dans une zone économique dont le dynamisme devrait perdurer dans les années à venir. Nous voyons dans l’Asie un véritable pôle de croissance fondé sur la technologie, ce qui constitue pour nous un axe d’intérêt majeur. Les valorisations restent cohérentes avec ce scénario plutôt constructif. C’est donc plutôt vers cet univers que nous choisissons de nous orienter. Bien entendu, lorsqu’on évoque les thématiques, l’intelligence artificielle occupe une place centrale, notamment à travers les semi-conducteurs et le cloud, mais elle ne constitue pas le seul axe d’intérêt. L’ensemble de la chaîne technologique asiatique nous semble offrir un réservoir de croissance particulièrement intéressant.
Quelle est votre philosophie de gestion sur cette poche technologique ?
De manière générale, le style de gestion de la maison consiste à accorder une attention toute particulière aux valorisations. Lorsque nous investissons dans un secteur comme la technologie, nous veillons à sélectionner des entreprises dont les niveaux de valorisation restent raisonnables par rapport à leurs pairs. Nous portons notamment une attention spécifique à des indicateurs comme les ratios price/earnings et price/book. Pour autant, cela ne signifie pas que nous écartons systématiquement toutes les entreprises présentant des ratios élevés.
Nous veillons à sélectionner des entreprises dont les niveaux de valorisation restent raisonnables par rapport à leurs pairs 
Ces éléments sont toujours analysés à la lumière de leur stratégie, de leur carnet de commandes et de leurs perspectives de croissance. L’objectif est donc de trouver un équilibre entre le potentiel de développement de l’entreprise et son niveau de valorisation. C’est véritablement un élément structurant de notre philosophie d’investissement, y compris dans l’approche de cette poche technologique.
Qu’attendez-vous de la saison de résultats actuellement en cours ?
S’agissant de la saison de résultats actuellement en cours, nous pensons que les publications devraient être globalement en ligne avec les attentes, voire légèrement supérieures.
Nous n’avons pas d’inquiétude particulière sur les résultats qui vont être publiés 
Nous n’avons pas d’inquiétude particulière sur les résultats qui vont être publiés. Bien entendu, comme toujours, le marché écoutera avec une attention extrême les commentaires des dirigeants sur leurs perspectives. C’est souvent là que se joue l’essentiel. Mais notre idée générale est que les résultats à venir, au-delà même du trimestre publié, devraient rester bien orientés.
Pourquoi restez-vous confiants sur la dynamique bénéficiaire ?
Nous restons confiants sur la dynamique
bénéficiaire parce que nous pensons que la progression des bénéfices devrait se poursuivre sous l’effet d’un cocktail de facteurs favorables : la crise en Iran devrait progressivement se résorber ; les déficits publics devraient demeurer encore assez stimulants pour la croissance ; la politique monétaire, au moins aux États-Unis, devrait rester favorable à l’activité ; et la technologie, par les gains de productivité qu’elle apporte, devrait également soutenir les bénéfices futurs.
Le fait que le prix du baril soit un peu plus élevé pendant quelques mois n’est pas de nature à remettre en cause cette dynamique 
À nos yeux, le fait que le prix du baril soit un peu plus élevé pendant quelques mois n’est pas de nature à remettre en cause cette dynamique. La consommation américaine, qui reste un moteur essentiel, tient en grande partie à la composante la plus aisée de la population. Or cette partie aisée, qui représente une part très importante de la consommation aux États-Unis, ne devrait pas réduire sensiblement ses dépenses du seul fait de la hausse du prix du pétrole. En ce sens, la consommation américaine devrait rester solide, ce qui renforce notre confiance dans la tenue future des bénéfices.
Êtes-vous donc alignés avec les prévisions bénéficiaires actuelles du marché ?
Oui, nous sommes globalement alignés avec les prévisions bénéficiaires actuellement intégrées par le marché, y compris avec l’idée de perspectives de croissance à deux chiffres.
Nous sommes globalement alignés avec les prévisions bénéficiaires actuellement intégrées par le marché 
Pour les raisons que je viens d’indiquer, ces anticipations nous paraissent cohérentes avec le scénario macroéconomique et sectoriel que nous retenons. Autrement dit, nous ne voyons pas aujourd’hui de raison majeure de nous écarter de cette lecture constructive des perspectives bénéficiaires.
Quelle est votre lecture du dollar et de l’or ?
Le dollar devrait se déprécier à nouveau après avoir temporairement joué son rôle de valeur refuge 
S’agissant du dollar et de l’or, notre lecture est la suivante : le dollar devrait se déprécier à nouveau après avoir temporairement joué son rôle de valeur refuge. Ce mouvement de hausse du dollar a d’ailleurs quelque peu contredit les thèses de ceux qui annoncent peut-être trop rapidement la fin du « roi dollar ». Il a bien démontré, dans cette phase de stress, sa capacité à servir d’actif refuge. Néanmoins, à mesure que la perception du risque diminuera, le dollar devrait refluer.
L’or devrait repartir à la hausse 
De la même façon, l’or devrait repartir à la hausse. La baisse observée récemment s’explique avant tout, selon nous, par des ventes précipitées d’un
actif liquide de la part d’investisseurs qui avaient subi des pertes sur les marchés actions et qui cherchaient à reconstituer de la liquidité. Une fois cette phase passée, la normalisation devrait conduire à un dollar un peu plus faible et à un or de nouveau orienté à la hausse.
Comment analysez-vous le risque lié à la dette privée américaine ?
En matière de risques, au-delà du conflit au Moyen-Orient et de l’ampleur des investissements dans l’intelligence artificielle, un troisième sujet est souvent mis en avant actuellement : celui de la dette privée aux États-Unis.
Il s’agit donc, selon nous, d’un problème très ciblé sectoriellement 
Sur ce point, notre sentiment est qu’une partie des tensions observées vient d’une exposition un peu trop importante de certains fonds américains au secteur du software, secteur qui a été chahuté par l’irruption rapide de l’intelligence artificielle. En dehors de ces fonds particulièrement surexposés à ce segment, nous ne voyons pas de remise en cause généralisée des capacités de remboursement sur l’ensemble du marché. Il s’agit donc, selon nous, d’un problème très ciblé sectoriellement. Tant que l’on n’est pas fortement exposé à ce type de sous-segment, il n’y a pas de raison majeure d’avoir des craintes excessives. En l’occurrence, nous ne sommes pas particulièrement exposés à cette zone de fragilité.
Le sujet est-il avant tout un problème de défaut ou de liquidité ?
L’argument essentiel, selon nous, est que les problèmes observés aux États-Unis relèvent davantage d’un sujet de liquidité et de commercialisation que d’un vrai sujet de défaut . Il semble que certains produits aient été commercialisés auprès d’une clientèle de particuliers sans que la nature exacte des actifs détenus en portefeuille ait toujours été pleinement comprise, notamment leur faible liquidité. Les fermetures de fonds que l’on a pu observer ne résultent donc pas, dans l’ensemble, de défauts massifs enregistrés en portefeuille, mais plutôt du fait que les porteurs voudraient bénéficier d’une liquidité qu’ils ne peuvent, par construction, pas obtenir sur ce type d’actifs.
À ce stade, nous ne voyons pas se profiler de crise majeure de la dette privée 
Pour protéger l’ensemble des investisseurs, les sociétés de gestion sont alors contraintes de freiner les rachats. Il s’agit donc davantage d’un malentendu entre, d’un côté, des investisseurs souhaitant une liquidité complète, et, de l’autre, la réalité d’actifs peu liquides détenus dans les portefeuilles. En ce sens, c’est davantage un problème de structure de produit et de commercialisation qu’un problème de défaut effectif sur le marché de la dette privée. Il ne faut donc pas extrapoler excessivement ces difficultés, même s’il convient naturellement de rester vigilant. À ce stade, nous ne voyons pas se profiler de crise majeure de la dette privée.
Quelle est votre position sur les small caps ?
Ce n’est pas aujourd’hui un segment particulièrement valorisé chez M&G. Dans un environnement moins apaisé, marqué par des tensions géopolitiques, militaires, par une inflation plus présente et par une
croissance économique parfois sous pression, notamment en Europe, nous pensons qu’il est plus prudent de se positionner sur des large caps et des mid caps de taille significative.
Nous pensons qu’il est plus prudent de se positionner sur des large caps et des mid caps de taille significative 
Ces entreprises nous semblent mieux armées pour traverser des séquences difficiles. À l’inverse, les small caps apparaissent plus fragiles, plus vulnérables aux retournements de cycle et plus sensibles à un environnement financier ou macroéconomique dégradé. Dans cette logique, nous avons plutôt tendance à sous-pondérer les small caps dans les portefeuilles, afin de renforcer leur robustesse globale.
AVERTISSEMENT 
Cet article ne doit en aucun cas s'apparenter à une
recommandation d'acheter, de vendre ou de continuer à détenir un investissement. Il n’a aucune valeur contractuelle et ne constitue en aucun cas un
conseil en investissement. Les valeurs citées sont données uniquement à titre d’exemple.
Ni Easybourse ni M&G Investments ne sauraient être tenus responsables d'une décision d'investissement ou de désinvestissement sur la base de cet article. Le placement en bourse est soumis aux fluctuations et aux aléas des marchés financiers. Il comporte un risque de perte en capital.
Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir. Elles ne sont pas constantes dans le temps et ne constituent en rien une garantie de performances à venir.