Interview de Jérôme Serve : Directeur financier de Viridien

Jérôme Serve

Directeur financier de Viridien

Viridien : comment le groupe transforme son cash en arme de désendettement

Publié le 27 Avril 2026

Pour commencer, pouvez-vous nous rappeler qui est Viridien aujourd’hui ?
Viridien est le leader mondial des services sismiques. La sismique consiste à aider les compagnies pétrolières, minières et, plus largement, les acteurs du secteur extractif à analyser la sous-surface. L’objectif est de produire l’image la plus précise et la plus résolue possible du sous-sol, afin de localiser les réservoirs potentiels de pétrole, de gaz ou de minerais.

Viridien est le leader mondial des services sismiques.

Anciennement connue sous le nom de CGG pour Compagnie Générale de Géophysique, Viridien a été fondée il y a 90 ans. Avec une capitalisation boursière d’un peu plus d’un milliard d’euros, la société s’est engagée depuis 2024 sur une trajectoire très nette de désendettement et améliore progressivement son profil financier.

Cette réduction progressive de la dette va-t-elle vous permettre d’opérer différemment ?
La question du désendettement est centrale dans notre stratégie. Lorsque nous évoquons les priorités stratégiques de Viridien, qu’il s’agisse de croissance du chiffre d’affaires, d’amélioration des marges ou encore de diversification vers de nouveaux marchés, notre priorité est très clairement la génération de cash.

La question du désendettement est centrale dans notre stratégie

C’est l’élément structurant de notre trajectoire financière. Cette génération de cash doit nous permettre de réduire de façon continue une dette brute qui s’élève encore, à fin mars 2026, à environ 850 millions de dollars (avant IFRS16). Cette trajectoire est déjà bien engagée, avec plus de 320 millions de dollars de dette remboursés depuis la fin de l’année 2023.

Quels sont les principaux leviers que vous actionnez pour atteindre cet objectif ?
Nos deux principaux leviers sont, d’une part, la poursuite du renforcement de nos parts de marché sur nos trois segments historiques et, d’autre part, l’amélioration de notre efficacité opérationnelle.

Nos deux principaux leviers sont la poursuite du renforcement de nos parts de marché et, l’amélioration de notre efficacité opérationnelle

Dans notre activité cœur, cela signifie davantage de productivité et une grande sélectivité dans les investissements réalisés dans notre bibliothèque de données. Nous disposons également d’une filiale spécialisée dans les équipements, qui fabrique les matériels nécessaires aux enregistrements sismiques. Dans cette activité plus industrielle, nous sommes dans une logique d’amélioration continue. Globalement, toute notre organisation est orientée vers une meilleure efficacité, au service de la génération de cash.

Pouvez-vous précisément présenter vos trois grands métiers ?
Le premier métier, qui constitue le joyau de Viridien, est l’imagerie du sous-sol. Il s’agit de produire, à partir des données sismiques, une image du sous-sol pour les grands clients pétroliers et gaziers.

Le premier métier, qui constitue le joyau de Viridien, est l’imagerie du sous-sol

Cette image, un peu comme une échographie, leur permet de décider où forer, qu’il s’agisse de puits d’exploration, dans le but de trouver de nouvelles réserves d’hydrocarbures, ou de puits destinés à développer ou améliorer la production de champs déjà existants.
Le deuxième métier est plus adjacent. Il repose sur une bibliothèque d’images du sous-sol que nous avons constituée au fil du temps et dans laquelle nous continuons à investir régulièrement.

Le deuxième métier repose sur une bibliothèque d’images du sous-sol

Il est important d’être discipliné et sélectif dans le choix de ces investissements, car ils doivent générer de bons retours sur l’ensemble de la durée de vie de ces images. Cette bibliothèque contient des images dont nous sommes propriétaires et que les compagnies pétrolières peuvent acheter afin d’explorer certains bassins, sans avoir à financer elles-mêmes une campagne propriétaire. Ce modèle dit multi-client leur permet d’accéder à des données de grande qualité à moindre coût.
Le troisième métier consiste à fabriquer les équipements utilisés lors des campagnes d’acquisition sismique.

Le troisième métier consiste à fabriquer les équipements utilisés lors des campagnes d’acquisition sismique

Nous produisons notamment les capteurs que l’on déploie au fond des océans, que l’on tracte derrière les bateaux ou que l’on installe dans des zones désertiques, pour enregistrer les données sismiques. Ces équipements sont essentiels pour réaliser les campagnes d’acquisition et, donc, pour permettre l’exploration.
Ces trois activités représentent chacune environ un tiers de notre chiffre d’affaires, même si leurs niveaux de rentabilité sont différents. L’activité équipements relève davantage d’un métier industriel, avec des marges plus contenues. En revanche, les activités d’imagerie et de bibliothèque de données sont beaucoup plus digitales et offrent des niveaux de profitabilité nettement supérieurs.

Avez-vous fixé des objectifs financiers précis en matière de chiffre d’affaires, d’EBITDA ou de cash-flow ?
Notre priorité n’est pas de communiquer sur le chiffre d’affaires ou l’EBITDA, mais bien sur la génération de cash. Notre seul objectif financier pour 2026 porte sur le cash-flow net, pour lequel nous visons de réaliser 100 millions de dollars. C’est un objectif que nous avons déjà atteint, et même dépassé en 2025, puisque nous avons généré 107 millions de dollars. C’est exactement ce que nous avions annoncé lors du refinancement et entendons poursuivre à l’avenir.

Notre seul objectif financier pour 2026 porte sur le cash-flow net, pour lequel nous visons de réaliser 100 millions de dollars

D’ailleurs, si l’on regarde l’évolution du cours de bourse, son accélération a véritablement commencé après le refinancement de nos obligations en mars 2025 et l’extension de la maturité de ces passifs à 2030. Ce refinancement a clarifié la perception du marché quant à notre profil financier : il a démontré que nous étions capables de refinancer près d’un milliard de dettes à des conditions de financement maitrisées. À partir de ce moment-là, les analystes et les investisseurs ont commencé à se remettre à regarder le modèle économique de la société de plus près et à mieux comprendre notre capacité à générer du cash dans la durée.
Cette génération de cash est déterminante, car si nous continuons à produire 100 millions de dollars par an, cela nous permet de rembourser une dette qui coûte plus de 9% d’intérêt moyen par an. Autrement dit, chaque tranche de dette remboursée produit un effet mécanique positif sur notre compte de résultat et le cash dont nous disposons pour accélérer encore le désendettement. Nous sommes dans un cercle vertueux qui bénéficie directement aux actionnaires.

Dans le détail, comment vos différents métiers contribuent-ils à cette dynamique ?
Dans l’imagerie, nous détenons plus de 50 % de parts de marché mondiale. Nous sommes un acteur de confiance pour les grandes majors pétrolières comme pour les compagnies nationales à travers le monde. Dans la bibliothèque de données, notre portefeuille est aujourd’hui concentré sur trois bassins majeurs de l’exploration pétrolière : le Golfe des Amériques, le Brésil et la mer du Nord, côté Norvège. Ces images de qualité intéressent fortement les compagnies pétrolières, car elles constituent une solution moins coûteuse qu’une acquisition propriétaire. En outre, lorsque des images acquises dans le passé continuent à se vendre après plusieurs années, cela vient alimenter directement notre rentabilité, puisqu’elles sont largement amorties.

Nos différents métiers s'inscrivent dans dans un environnement de marché que nous jugeons de plus en plus porteur

Enfin, dans les équipements, même si nos matériels sont très fiables et robustes, ils doivent être remplacés après un certain nombre d’années d’utilisation, notamment lorsqu’ils ont été exposés à des environnements exigeants comme le désert ou les grands fonds marins. À cela s’ajoutent les améliorations technologiques, qui créent régulièrement de nouveaux cycles de renouvellement. Tout cela s’inscrit dans un environnement de marché que nous jugeons de plus en plus porteur.

Justement, comment analysez-vous aujourd’hui l’évolution du marché de l’énergie ?
Après la période Covid, nous avons connu une phase où l’attention des investisseurs comme des clients s’est fortement portée sur la transition énergétique. À ce moment-là, le pétrole et le gaz étaient devenus des secteurs beaucoup moins attractifs, voire, pour certains investisseurs, quasiment exclus. Aujourd’hui, on observe une prise de conscience beaucoup plus large : le pétrole et le gaz resteront indispensables sur le long terme.

On observe une prise de conscience beaucoup plus large : le pétrole et le gaz resteront indispensables sur le long terme

Après plusieurs années de sous-investissement, les compagnies pétrolières voient leurs réserves diminuer progressivement. La production d’un champ pétrolier décline naturellement de 5 à 10 % par an. Cela signifie qu’il faut en permanence développer de nouveaux champs pour compenser ce déclin naturel. Dans le même temps, la demande mondiale en pétrole et en gaz continue d’augmenter, notamment dans un contexte de transition énergétique nettement plus longue qu’anticipé. Pour maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande d’hydrocarbures, l’exploration est indispensable.

 Nous estimons que notre activité est structurellement bien positionnée

Par ailleurs, les événements géopolitiques récents, notamment au Moyen-Orient, rappellent l’importance de la sécurité d’approvisionnement. Cela renforce le besoin de diversification géographique des sources de production. Il est important de rappeler que les tensions sur l’énergie ont des conséquences bien au-delà du seul secteur pétrolier, avec des effets sur l’ensemble de l’économie mondiale, compte tenu de la pluralité d’utilisations et de dérivés : le kérosène pour les avions, l’acide sulfurique pour les semiconducteurs... Dans ce contexte, nous estimons que notre activité est structurellement bien positionnée.

Comment Viridien adapte-t-elle son portefeuille d’activités à la transition énergétique ?
Nous avons suivi l’évolution de nos clients. Après le Covid, certains grands groupes ont réduit leurs ambitions dans le pétrole et le gaz pour réorienter une partie de leurs investissements vers d’autres segments, qu’il s’agisse de l’éolien, du solaire, des biocarburants ou encore de l’électricité. Dans notre cas, nous étions aussi contraints par notre dette, ce qui ne nous permettait pas de réaliser des investissements importants dans de nouveaux métiers. Nous avons donc choisi de capitaliser sur nos technologies, nos équipes et nos ressources pour nous développer dans trois domaines adjacents à nos activités cœur.

Le premier domaine dans lequel nous nous développons est celui du bas carbone, au sens large 

Le premier est celui du bas carbone, au sens large. Ce que nous faisons pour les compagnies pétrolières, nous pouvons aussi le faire pour les compagnies minières. L’exploration de minerais comme le cuivre, le nickel ou le cobalt est essentielle pour l’électrification de l’économie. Sur ce segment, nous avons déjà remporté plusieurs succès avec de grands acteurs miniers.
Nous sommes également présents dans le stockage de carbone. Si l’on veut sérieusement atteindre les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050, il faut reconnaître qu’une partie des émissions mondiales de CO? ne pourra pas être éliminée uniquement par l’électrification ou d’autres technologies. Le captage et le stockage de ce carbone seront indispensables. Or, pour stocker du carbone, il faut précisément caractériser les cavités dans lesquelles il pourra être injecté. C’est exactement notre savoir-faire, puisque cela nécessite de caractériser le sous-sol. Nous avons déjà mené plusieurs projets dans ce domaine. Si aujourd’hui de nombreux clients ont recentré leurs priorités sur leur cœur de métier pétrolier, ce qui ralentit temporairement certains projets dans ce domaine, nous restons actifs et déterminés sur ce segment.

Le deuxième axe de diversification concerne le monitoring d’infrastructures

Le deuxième axe de diversification concerne le monitoring d’infrastructures. Cette activité croît fortement. En effet, les capteurs que nous fabriquons pour les acquisitions sismiques peuvent aussi être utilisés pour surveiller des ponts, des voies ferrées ou des centrales nucléaires. La sismique consiste, fondamentalement, à capter des vibrations et des ondes acoustiques. Appliquée aux infrastructures, cette technologie permet typiquement d’analyser comme ces infrastructures « vivent » et d’accompagner leur maintenance préventive. Nous avons réalisé une acquisition de société aux États-Unis en 2022, qui nous a donné une base solide dans ce domaine. Depuis, nous avons développé cette activité de manière organique et signé de beaux contrats, notamment avec la SNCF ou EDF, ainsi que sur des infrastructures importantes aux États-Unis, comme des ponts à New York ou des tunnels en construction.

Le troisième axe repose sur notre capacité de calcul et notre compétence établie en optimisation de datacenters

Le troisième axe repose sur notre capacité de calcul et notre compétence établie en optimisation de datacenters. Pour produire les images du sous-sol dont nous parlons, il faut une puissance de calcul considérable. Viridien fait aujourd’hui partie du top 10 mondial dans le domaine du calcul haute performance à usage industriel. Nous disposons d’une puissance de calcul très supérieure à celle de la plupart des grandes entreprises industrielles françaises et mondiales, mais également des instituts de recherche fondamentale, ou de la NASA par exemple. Le traitement de l’imagerie sismique nécessite davantage de capacité de calcul que certaines applications réputées très exigeantes, comme les prévisions météorologiques.
Nous avons décidé de valoriser cette capacité de calcul auprès d’autres acteurs, y compris en dehors de notre secteur historique. Cela peut concerner nos clients traditionnels, mais aussi des start-ups ou des entreprises travaillant sur la recherche de médicaments, sur le développement de nouveaux matériaux ou sur d’autres problématiques scientifiques. Notre différenciation par rapport à des géants comme Amazon ou Microsoft tient au fait que nous disposons à la fois des infrastructures et des compétences pour optimiser le code. Autrement dit, nous savons faire tourner des algorithmes rapidement et surtout à un coût raisonnable et maîtrisé. Cette double expertise nous permet d’apporter de réels gains d’efficience à nos clients.

Cette diversification représente désormais près de 10 % de notre chiffre d’affaires et dans la branche équipements, elle représente même presque 20 %

Engagée en 2021, cette diversification représente désormais près de 10 % de notre chiffre d’affaires et dans la branche équipements, elle représente même presque 20 %. Cette activité croît d’environ 25 % par an et affiche une profitabilité satisfaisante, parfois même supérieure à celle de certaines activités historiques. Toutefois, dans l’état actuel des priorités du groupe, ce ne sont pas encore les principaux contributeurs à la génération de cash.

Quels investissements en recherche et développement prévoyez-vous pour renforcer vos capacités technologiques ?
Nous investissons chaque année pour accroître notre capacité de calcul.

Dans l’activité bibliothèque, nous consacrons environ 200 millions de dollars par an à l’acquisition de nouvelles images

C’est indispensable, car nous avons besoin d’utiliser toujours davantage de temps machine pour faire tourner nos algorithmes. Très récemment, nous avons ainsi validé une extension du datacenter aux États-Unis, représentant un investissement d’environ 35 millions de dollars en 2026.
Plus largement, nous investissons dans nos trois segments. Dans l’activité bibliothèque, nous consacrons environ 200 millions de dollars par an à l’acquisition de nouvelles images.

Dans les deux autres divisions, nous investissons entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires

Dans les deux autres divisions, nous investissons entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires, à l’image des entreprises technologiques, même si cela n’est pas toujours perçu comme tel par le marché. Ces investissements sont essentiels pour maintenir notre leadership. Lorsque l’on détient plus de 50 % de parts de marché, cela ne se conserve pas sans effort. Il faut continuellement améliorer ses produits, ses services et ses technologies pour rester au meilleur niveau.

Pouvez-vous rappeler le niveau de votre chiffre d’affaires ?
Notre chiffre d’affaires s’est élevé à 1,17 milliard de dollars en 2025. Les deux divisions évoquées précédemment, c’est-à-dire l’imagerie et la bibliothèque, représentent ensemble 850 millions de dollars.

Quels nouveaux marchés géographiques explorez-vous en 2026 ?
Si nous parlons de marchés géographiques dans notre cœur d’activité pétrole et gaz, nous allons là où nos clients souhaitent explorer.
Aujourd’hui, notre bibliothèque est principalement concentrée sur trois grandes zones, à savoir le Golfe des Amériques, le Brésil et la mer du Nord, côté Norvège.

 Nous n’avons pas de limites géographiques...

Mais nous observons de plus en plus d’investissements vers ce que l’on appelle les zones frontières. Nous accompagnons donc nos clients sur ces nouveaux bassins. Il peut s’agir, par exemple, de la Guyane, un bassin très prolifique actuellement, ainsi que de toute la zone qui s’étend au sud de la Guyane vers le nord du Brésil. L’Uruguay est également une géographie où se porte l’attention des sociétés pétrolières ces dernières années.

... sous réserve bien entendu des contraintes réglementaires, des sanctions internationales ou de certains risques monétaires 

L’Afrique de l’Ouest revient également fortement dans les stratégies d’exploration, notamment dans des pays comme le Nigeria, le Cameroun, le Gabon l’Angola, ou encore la Namibie, où d’importantes découvertes ont été réalisées. Enfin, l’Asie du Sud-Est reste également très active, avec des zones comme la Malaisie ou l’Indonésie. Une grande découverte a d’ailleurs été annoncée récemment en Indonésie.
En résumé, nous n’avons pas de limites géographiques. Nous suivons nos clients là où ils souhaitent opérer, sous réserve bien entendu des contraintes réglementaires, des sanctions internationales ou de certains risques monétaires.

Envisagez-vous des partenariats stratégiques ou des acquisitions pour accélérer votre transformation ?
À ce stade, nous n’envisageons pas d’acquisitions, car la génération de cash reste prioritairement allouée au remboursement de la dette. En revanche, les partenariats sont très importants dans notre stratégie actuelle.

Dans le domaine du calcul haute performance nous avons étendu récemment notre partenariat de longue date avec Nvidia

Dans le domaine du calcul haute performance, par exemple, nous avons étendu récemment notre partenariat de longue date avec Nvidia. Nous travaillons avec eux depuis une vingtaine d’années, car nous faisons partie des pionniers du HPC en France. Nous testons généralement leurs puces un ou deux ans avant leur mise sur le marché, au moment où elles sont encore en phase de conception et de prototypage. L’enjeu n’est pas seulement la capacité de calcul brute, mais aussi la gestion thermique et énergétique. Nous avons ainsi développé et breveté des technologies de refroidissement dans lesquelles les puces sont immergées dans des bains d’huile. Cela nous permet de travailler avec Nvidia sur l’optimisation de la performance, du coût et de la consommation énergétique.

Dans le domaine du stockage de carbone, nous avons noué un partenariat avec Baker Hughes

Dans le domaine du stockage de carbone, nous avons noué un partenariat avec Baker Hughes. De notre côté, nous apportons l’imagerie du sous-sol, tandis qu’eux apportent les briques techniques nécessaires autour des puits, des compresseurs et des infrastructures. Ce type de partenariat nous permet d’intégrer des offres plus larges, d’élargir notre portée commerciale et de multiplier les opportunités.

Votre cours de Bourse est en forte hausse. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?
Je dirais d’abord que j’en suis satisfait. Comme je l’évoquais en introduction, le refinancement a vraiment permis de faire évoluer le point de vue de nombreux investisseurs et analystes, et de leur permettre de mieux comprendre ce qu’est réellement Viridien.

 Le refinancement a vraiment permis de faire évoluer le point de vue de nombreux investisseurs et analystes, et de leur permettre de mieux comprendre ce qu’est réellement Viridien

Les investisseurs commencent à percevoir clairement notre leadership mondial dans l’imagerie du sous-sol, qui est un élément clé de l’exploration future, et également l’ampleur de nos capacités de calcul et le potentiel que celles-ci représentent, aussi bien dans notre secteur qu’à l’extérieur.
Au départ, une partie de la hausse du cours est venue d’investisseurs qui ont identifié la décorrélation entre la remontée du prix de nos obligations et la stagnation (voire la baisse) de celui de notre action. Cela signifiait qu’il y avait une différence de perception de la société entre les obligataires et les actionnaires. Ces investisseurs ont approfondi leur connaissance de la société, sont entrés au capital et ont bénéficié du rattrapage qui a suivi. Après le refinancement de nos obligations en mars 2025, les investisseurs institutionnels plus traditionnels se sont remis à s’intéresser au dossier, poussés par nos efforts de communication et le travail mené avec les brokers et les analystes qui nous suivent.

Aujourd’hui, nous comptons à notre capital de grands fonds internationaux de premier plan

Aujourd’hui, nous comptons à notre capital de grands fonds internationaux de premier plan comme Janus Henderson, Schroder, DWS, Axa IM, etc. À noter que Fidelity est notre premier actionnaire, avec 10% de la société, depuis de nombreuses années. Viridien n’en reste pas moins un titre détenu par de très nombreux investisseurs privés, qui représentent encore environ 30 % du capital à ce jour.
C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous cherchons aussi à mieux raconter notre histoire d’investissement à cette typologie d’investisseurs.

Pour autant, nous ne pensons pas que la valorisation actuelle reflète encore pleinement notre profil et notre potentiel

Pour autant, nous ne pensons pas que la valorisation actuelle reflète encore pleinement notre profil et notre potentiel. À nos yeux, l’entreprise reste pénalisée par son niveau d’endettement dans la perception du marché, alors même qu’elle dispose d’actifs importants et d’un profil technologique fort. Si nous regardons nos multiples de valorisation, notamment en valeur d’entreprise rapportée à l’EBITDA, ils ne reflètent clairement pas encore, selon nous, ce que nous délivrons réellement. Il nous appartient donc de continuer à travailler notre equity story, à réduire la dette et à mieux faire reconnaître notre positionnement de leader technologique mondiale de la donnée du sous-sol.

Pour conclure, souhaitez-vous ajouter un dernier mot ?

Viridien combine un leadership mondial, une forte capacité de génération de cash, une trajectoire de désendettement déjà bien engagée et des atouts technologiques différenciants

Ce qu’il faut retenir, c’est que Viridien est aujourd’hui une entreprise qui combine un leadership mondial dans son cœur de métier, une forte capacité de génération de cash, une trajectoire de désendettement déjà bien engagée et des atouts technologiques différenciants, notamment dans le calcul haute performance et la donnée. Toute notre stratégie consiste à poursuivre cette trajectoire avec discipline, à continuer de délivrer opérationnellement et à faire reconnaître plus largement la valeur réelle de l’entreprise.

Consultez la fiche transactionnelle Achat/Vente de Viridien (FR001400PVN6) sur le site easybourse.com. Titre éligible au PEA et au PEA PME.

AVERTISSEMENT 

Cet interview ne doit en aucun cas s'apparenter à une recommandation d'acheter, de vendre ou de continuer à détenir un investissement. Elle n’a aucune valeur contractuelle et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.

Ni Easybourse ni Viridien ne sauraient être tenus responsables d'une décision d'investissement ou de désinvestissement sur la base de cette interview.
Le placement en bourse est soumis aux fluctuations et aux aléas des marchés financiers. Il comporte un risque de perte en capital.
Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir. Elles ne sont pas constantes dans le temps et ne constituent en rien une garantie de performances à venir.

Imen Hazgui