Jérôme Serve
Directeur financier de Viridien
Viridien : comment le groupe transforme son cash en arme de désendettement
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Publié le 27 Avril 2026
Viridien est le leader mondial des services sismiques. La sismique consiste à aider les compagnies pétrolières, minières et, plus largement, les acteurs du secteur extractif à analyser la sous-surface. L’objectif est de produire l’image la plus précise et la plus résolue possible du sous-sol, afin de localiser les réservoirs potentiels de pétrole, de gaz ou de minerais.
Viridien est le leader mondial des services sismiques. 
Cette réduction progressive de la dette va-t-elle vous permettre d’opérer différemment ?
La question du désendettement est centrale dans notre stratégie. Lorsque nous évoquons les priorités stratégiques de Viridien, qu’il s’agisse de croissance du chiffre d’affaires, d’amélioration des marges ou encore de diversification vers de nouveaux marchés, notre priorité est très clairement la génération de cash.
La question du désendettement est centrale dans notre stratégie 
Quels sont les principaux leviers que vous actionnez pour atteindre cet objectif ?
Nos deux principaux leviers sont, d’une part, la poursuite du renforcement de nos parts de marché sur nos trois segments historiques et, d’autre part, l’amélioration de notre efficacité opérationnelle.
Nos deux principaux leviers sont la poursuite du renforcement de nos parts de marché et, l’amélioration de notre efficacité opérationnelle 
Pouvez-vous précisément présenter vos trois grands métiers ?
Le premier métier, qui constitue le joyau de Viridien, est l’imagerie du sous-sol. Il s’agit de produire, à partir des données sismiques, une image du sous-sol pour les grands clients pétroliers et gaziers.
Le premier métier, qui constitue le joyau de Viridien, est l’imagerie du sous-sol 
Le deuxième métier est plus adjacent. Il repose sur une bibliothèque d’images du sous-sol que nous avons constituée au fil du temps et dans laquelle nous continuons à investir régulièrement.
Le deuxième métier repose sur une bibliothèque d’images du sous-sol 
Le troisième métier consiste à fabriquer les équipements utilisés lors des campagnes d’acquisition sismique.
Le troisième métier consiste à fabriquer les équipements utilisés lors des campagnes d’acquisition sismique 
Ces trois activités représentent chacune environ un tiers de notre chiffre d’affaires, même si leurs niveaux de rentabilité sont différents. L’activité équipements relève davantage d’un métier industriel, avec des marges plus contenues. En revanche, les activités d’imagerie et de bibliothèque de données sont beaucoup plus digitales et offrent des niveaux de profitabilité nettement supérieurs.
Avez-vous fixé des objectifs financiers précis en matière de chiffre d’affaires, d’EBITDA ou de cash-flow ?
Notre priorité n’est pas de communiquer sur le chiffre d’affaires ou l’EBITDA, mais bien sur la génération de cash. Notre seul objectif financier pour 2026 porte sur le cash-flow net, pour lequel nous visons de réaliser 100 millions de dollars. C’est un objectif que nous avons déjà atteint, et même dépassé en 2025, puisque nous avons généré 107 millions de dollars. C’est exactement ce que nous avions annoncé lors du refinancement et entendons poursuivre à l’avenir.
Notre seul objectif financier pour 2026 porte sur le cash-flow net, pour lequel nous visons de réaliser 100 millions de dollars 
Cette génération de cash est déterminante, car si nous continuons à produire 100 millions d’euros par an, cela nous permet de rembourser une dette qui coûte plus de 9% d’intérêt moyen par an. Autrement dit, chaque tranche de dette remboursée produit un effet mécanique positif sur notre compte de résultat et le cash dont nous disposons pour accélérer encore le désendettement. Nous sommes dans un cercle vertueux qui bénéficie directement aux actionnaires.
Dans le détail, comment vos différents métiers contribuent-ils à cette dynamique ?
Dans l’imagerie, nous détenons plus de 50 % de parts de marché mondiale. Nous sommes un acteur de confiance pour les grandes majors pétrolières comme pour les compagnies nationales à travers le monde. Dans la bibliothèque de données, notre portefeuille est aujourd’hui concentré sur trois bassins majeurs de l’exploration pétrolière : le Golfe des Amériques, le Brésil et la mer du Nord, côté Norvège. Ces images de qualité intéressent fortement les compagnies pétrolières, car elles constituent une solution moins coûteuse qu’une acquisition propriétaire. En outre, lorsque des images acquises dans le passé continuent à se vendre après plusieurs années, cela vient alimenter directement notre rentabilité, puisqu’elles sont largement amorties.
Nos différents métiers s'inscrivent dans dans un environnement de marché que nous jugeons de plus en plus porteur
Justement, comment analysez-vous aujourd’hui l’évolution du marché de l’énergie ?
Après la période Covid, nous avons connu une phase où l’attention des investisseurs comme des clients s’est fortement portée sur la transition énergétique. À ce moment-là, le pétrole et le gaz étaient devenus des secteurs beaucoup moins attractifs, voire, pour certains investisseurs, quasiment exclus. Aujourd’hui, on observe une prise de conscience beaucoup plus large : le pétrole et le gaz resteront indispensables sur le long terme.
On observe une prise de conscience beaucoup plus large : le pétrole et le gaz resteront indispensables sur le long terme 
Nous estimons que notre activité est structurellement bien positionnée
Comment Viridien adapte-t-elle son portefeuille d’activités à la transition énergétique ?
Nous avons suivi l’évolution de nos clients. Après le Covid, certains grands groupes ont réduit leurs ambitions dans le pétrole et le gaz pour réorienter une partie de leurs investissements vers d’autres segments, qu’il s’agisse de l’éolien, du solaire, des biocarburants ou encore de l’électricité. Dans notre cas, nous étions aussi contraints par notre dette, ce qui ne nous permettait pas de réaliser des investissements importants dans de nouveaux métiers. Nous avons donc choisi de capitaliser sur nos technologies, nos équipes et nos ressources pour nous développer dans trois domaines adjacents à nos activités cœur.
Le premier domaine dans lequel nous nous développons est celui du bas carbone, au sens large 
Nous sommes également présents dans le stockage de carbone. Si l’on veut sérieusement atteindre les objectifs de neutralité carbone à horizon 2050, il faut reconnaître qu’une partie des émissions mondiales de CO? ne pourra pas être éliminée uniquement par l’électrification ou d’autres technologies. Le captage et le stockage de ce carbone seront indispensables. Or, pour stocker du carbone, il faut précisément caractériser les cavités dans lesquelles il pourra être injecté. C’est exactement notre savoir-faire, puisque cela nécessite de caractériser le sous-sol. Nous avons déjà mené plusieurs projets dans ce domaine. Si aujourd’hui de nombreux clients ont recentré leurs priorités sur leur cœur de métier pétrolier, ce qui ralentit temporairement certains projets dans ce domaine, nous restons actifs et déterminés sur ce segment.
Le deuxième axe de diversification concerne le monitoring d’infrastructures 
Le troisième axe repose sur notre capacité de calcul et notre compétence établie en optimisation de datacenters 
Nous avons décidé de valoriser cette capacité de calcul auprès d’autres acteurs, y compris en dehors de notre secteur historique. Cela peut concerner nos clients traditionnels, mais aussi des start-ups ou des entreprises travaillant sur la recherche de médicaments, sur le développement de nouveaux matériaux ou sur d’autres problématiques scientifiques. Notre différenciation par rapport à des géants comme Amazon ou Microsoft tient au fait que nous disposons à la fois des infrastructures et des compétences pour optimiser le code. Autrement dit, nous savons faire tourner des algorithmes rapidement et surtout à un coût raisonnable et maîtrisé. Cette double expertise nous permet d’apporter de réels gains d’efficience à nos clients.
Cette diversification représente désormais près de 10 % de notre chiffre d’affaires et dans la branche équipements, elle représente même presque 20 % 
Quels investissements en recherche et développement prévoyez-vous pour renforcer vos capacités technologiques ?
Nous investissons chaque année pour accroître notre capacité de calcul.
Dans l’activité bibliothèque, nous consacrons environ 200 millions d’euros par an à l’acquisition de nouvelles images 
Plus largement, nous investissons dans nos trois segments. Dans l’activité bibliothèque, nous consacrons environ 200 millions d’euros par an à l’acquisition de nouvelles images.
Dans les deux autres divisions, nous investissons entre 5 % et 10 % du chiffre d’affaires 
Pouvez-vous rappeler le niveau de votre chiffre d’affaires ?
Notre chiffre d’affaires s’est élevé à 1,17 milliard d’euros en 2025. Les deux divisions évoquées précédemment, c’est-à-dire l’imagerie et la bibliothèque, représentent ensemble 850 millions d’euros.
Quels nouveaux marchés géographiques explorez-vous en 2026 ?
Si nous parlons de marchés géographiques dans notre cœur d’activité pétrole et gaz, nous allons là où nos clients souhaitent explorer.
Aujourd’hui, notre bibliothèque est principalement concentrée sur trois grandes zones, à savoir le Golfe des Amériques, le Brésil et la mer du Nord, côté Norvège.
Nous n’avons pas de limites géographiques...
... sous réserve bien entendu des contraintes réglementaires, des sanctions internationales ou de certains risques monétaires 
En résumé, nous n’avons pas de limites géographiques. Nous suivons nos clients là où ils souhaitent opérer, sous réserve bien entendu des contraintes réglementaires, des sanctions internationales ou de certains risques monétaires.
Envisagez-vous des partenariats stratégiques ou des acquisitions pour accélérer votre transformation ?
À ce stade, nous n’envisageons pas d’acquisitions, car la génération de cash reste prioritairement allouée au remboursement de la dette. En revanche, les partenariats sont très importants dans notre stratégie actuelle.
Dans le domaine du calcul haute performance nous avons étendu récemment notre partenariat de longue date avec Nvidia 
Dans le domaine du stockage de carbone, nous avons noué un partenariat avec Baker Hughes 
Votre cours de Bourse est en forte hausse. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?
Je dirais d’abord que j’en suis satisfait. Comme je l’évoquais en introduction, le refinancement a vraiment permis de faire évoluer le point de vue de nombreux investisseurs et analystes, et de leur permettre de mieux comprendre ce qu’est réellement Viridien.
Le refinancement a vraiment permis de faire évoluer le point de vue de nombreux investisseurs et analystes, et de leur permettre de mieux comprendre ce qu’est réellement Viridien 
Au départ, une partie de la hausse du cours est venue d’investisseurs qui ont identifié la décorrélation entre la remontée du prix de nos obligations et la stagnation (voire la baisse) de celui de notre action. Cela signifiait qu’il y avait une différence de perception de la société entre les obligataires et les actionnaires. Ces investisseurs ont approfondi leur connaissance de la société, sont entrés au capital et ont bénéficié du rattrapage qui a suivi. Après le refinancement de nos obligations en mars 2025, les investisseurs institutionnels plus traditionnels se sont remis à s’intéresser au dossier, poussés par nos efforts de communication et le travail mené avec les brokers et les analystes qui nous suivent.
Aujourd’hui, nous comptons à notre capital de grands fonds internationaux de premier plan 
C’est d’ailleurs dans ce cadre que nous cherchons aussi à mieux raconter notre histoire d’investissement à cette typologie d’investisseurs.
Pour autant, nous ne pensons pas que la valorisation actuelle reflète encore pleinement notre profil et notre potentiel 
Pour conclure, souhaitez-vous ajouter un dernier mot ?
Viridien combine un leadership mondial, une forte capacité de génération de cash, une trajectoire de désendettement déjà bien engagée et des atouts technologiques différenciants 
AVERTISSEMENT Cet interview ne doit en aucun cas s'apparenter à une recommandation d'acheter, de vendre ou de continuer à détenir un investissement. Elle n’a aucune valeur contractuelle et ne constitue en aucun cas un conseil en investissement.
Ni Easybourse ni Viridien ne sauraient être tenus responsables d'une décision d'investissement ou de désinvestissement sur la base de cette interview.
Le placement en bourse est soumis aux fluctuations et aux aléas des marchés financiers. Il comporte un risque de perte en capital.
Les performances passées ne préjugent pas des performances à venir. Elles ne sont pas constantes dans le temps et ne constituent en rien une garantie de performances à venir.
Imen Hazgui
Viridien : comment le groupe transforme son cash en arme de désendettement