Le fonds Echiquier Space (LFDE) booste la croissance du secteur spatial
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(Zonebourse.com) - 1 800 milliards de dollars, c'est la taille estimée du marché spatial dès 2035. Essor des applications commerciales engendrées par la baisse des coûts de lancement, augmentation des dépenses publiques en faveur de l'exploration spatiale et émergence d'un secteur stratégique avec la défense Tech, la croissance de l'écosystème spatial est soutenue par de multiples catalyseurs. Convaincue par le potentiel de cette thématique, La Financière de l'Échiquier (LFDE) s'est saisi de ces enjeux dès 2021 avec Echiquier Space, le premier fonds de gestion active thématique d'Europe dédié à l'espace et à son écosystème.
A l'occasion d'un petit-déjeuner presse organisé hier matin dans les locaux de la LFDE auquel a assisté Zonebourse, la société de gestion a retracé l'histoire de ce fonds lancé il y a maintenant 5 ans.
Tout d'abord, Christophe Pouchoy, gérant du fonds, fait un point sur l'écosystème spatial, marqué par la récente introduction en Bourse (IPO) de SpaceX et le cinquième anniversaire du fonds Echiquier Space. LFDE propose des fonds thématiques axés sur des tendances de croissance structurelles et pérennes à long terme. Le groupe gère actuellement environ 2,4 milliards d'euros à travers plusieurs fonds spécialisés dans la technologie et l'innovation.
L'évolution historique du secteur spatial : du public au privé
L'histoire du spatial se découpe en plusieurs grandes phases. Dans les années 50 à 70, l'écosystème était naissant, exclusivement public et dominé par des agences nationales. Les objectifs étaient géostratégiques, politiques et militaires, sans réelle préoccupation de rentabilité ou de coûts.
Au milieu des années 70, il y a eu un désintérêt progressif du grand public après la conquête de la Lune, entraînant des coupes budgétaires étatiques.
Dans les années 80-90, des acteurs commerciaux émergent. Les années 80 voient naître les premières constellations de satellites de télécommunication, suivies dans les années 90 par l'explosion de la télévision par satellite.
Dans les années 2000 à 2010, c'est l'ère du "New Space". Face à une certaine lourdeur administrative et après des accidents de navettes, le gouvernement américain (via la NASA) décide de stimuler le secteur privé. Des start-ups comme SpaceX ou Rocket Lab émergent grâce à de petits contrats initiaux, avant de monter en puissance. Cette dynamique mène à une vague importante d'introductions en Bourse (notamment via des SPAC (= société cotée en Bourse qui n'exerce aucune activité commerciale) entre 2015 et 2021.
En 2021, La Financière de l'Échiquier lance le fonds Echiquier Space, constatant que le secteur est devenu suffisamment mature, large et diversifié pour construire un portefeuille d'investissement équilibré et décorrélé des cycles macroéconomiques classiques.
Ce fonds cible un large spectre d'applications, réparties entre segments historiques et innovations de rupture :
- Applications historiques en mutation :
1 - fabrication : construction de fusées et de satellites (le coeur industriel historique).
2 - télécommunications : un marché traditionnel aujourd'hui profondément bouleversé par les nouveaux entrants.
3 - observation de la Terre : initialement militaire, elle s'étend aujourd'hui au civil (suivi de la déforestation en Amazonie, logistique globale, agriculture de précision).
4 - exploration spatiale : un retour de la course vers la Lune et Mars depuis 15 ans
5 - défense spatiale : un pilier historique en forte accélération géopolitique
- Nouvelles applications innovantes :
1 - Internet par satellite : autrefois peu performante, la connectivité est devenue massive et efficace grâce aux constellations comme Starlink.
2 - production industrielle en microgravité : recherche biomédicale (médicaments) et R&D industrielle pour fabriquer des composants impossibles à réaliser sous gravité terrestre.
3 - gestion des débris orbitaux : solutions de nettoyage de l'espace et gestion sécurisée de la fin de vie des satellites pour éviter l'encombrement des orbites (comme les orbites cimetières).
4 - énergie spatiale propre : projets visant à capter l'énergie solaire directement dans l'espace, notamment pour alimenter les satellites de manière pérenne.
L'équipe de LFDE a structuré les entreprises du spatial en quatre grandes catégories tactiques :
- matériel spatial (space hardware) : fournisseurs de lanceurs, infrastructure spatiale, robotique, fabrication de satellites
- satellites : opérateurs de télécommunications, observation de la Terre, infrastructure satellitaires terrestres
- technologies clés (enabled tech) : semi-conducteurs, capteurs et autres composants technologiques, systèmes informatiques critiques & conseil
- utilisateurs de solutions spatiales (space adopters)
Deux innovations majeures qui changent la donne
La parole a ensuite été donnée à Alicia Daurignac, gérante du fonds Echiquier Space. Elle a mis en lumière une innovation de rupture transformant les télécommunications et l'infrastructure spatiale : le Direct-to-Device (connexion directe par satellite).
Historiquement, communiquer avec un satellite exigeait une puissance importante, imposant l'usage d'antennes massives ou de téléphones satellites volumineux. Demain, les smartphones et iPhones standards pourront se connecter directement aux réseaux satellitaires, sans infrastructure intermédiaire, offrant une couverture universelle (même dans les zones les plus isolées comme le sommet du Mont-Blanc).
Starlink (fournisseur d'accès à Internet par satellite de la société SpaceX) déploie actuellement des satellites dédiés à cette technologie, tandis que des entreprises américaines telles que SpaceX, Amazon et AST SpaceMobile se positionnent déjà, en lançant des satellites opérant en orbite basse, entre 500 et 1 200 km d'altitude. Cette proximité avec la Terre offre un signal plus puissant, rendant possible une connexion directe avec les smartphones.
Pour la gérante, "cette innovation crée une période d'incertitude pour les opérateurs terrestres. Bien que le potentiel soit immense, l'étendue réelle de la demande reste difficile à évaluer. Des opérateurs télécoms traditionnels nouent déjà des partenariats (notamment aux États-Unis) pour partager ces services". Un débat reste ouvert : les abonnements satellitaires directs finiront-ils par concurrencer ou remplacer nos forfaits 5G et abonnements fibre actuels ?
Christophe Pouchoy a ensuite abordé une autre rupture technologique majeure : l'avènement des centres de données spatiaux. Pour le gérant, "le concept est simple : un satellite est conçu spécifiquement pour embarquer des serveurs et des puces afin de fournir de la puissance de calcul en orbite, alimenté en continu par l'énergie solaire".
Le gérant fait savoir, par ailleurs, que "le véritable frein au développement de ces datacenters orbitaux (très lourds à cause des serveurs, des panneaux solaires et des radiateurs) reste le coût de mise en orbite". Porté par la domination de SpaceX sur les lancements (Falcon 9) et les télécoms (Starlink), le coût de lancement public se situe aujourd'hui autour de 2 000 dollars par kilo. Elon Musk ambitionne de diviser ce coût par 10 dans les années à venir grâce aux futures versions (V3 et V4) du lanceur lourd entièrement réutilisable Starship (= lanceur spatial développé par SpaceX).
Interrogé par Zonebourse sur la performance du fonds Echiquier Space, LFDE affirme que "le fonds enregistre une performance cumulée de 114% depuis sa création en 2021. Le rendement annualisé est de 15,8% sur 5 ans.
Pour Christophe Pouchoy, les performances du fonds (particulièrement marquée sur les trois dernières années et consolidée en 2026) s'explique par trois grands piliers sectoriels :
- le premier, les valeurs industrielles : la fabrication d'équipements spatiaux (fusées, satellites, composants robotisés).
- le second, les valeurs technologiques : les fournisseurs de connectivité satellite pour les avions et les bateaux, ainsi que les fabricants de capteurs, de composants et de simulateurs.
- le troisième, les télécommunications : les opérateurs et infrastructures de satellites de télécommunication.
Le fonds s'appuie aussi sur des positions stratégiques clés :
- STMicroelectronics : acteur majeur du portefeuille et le plus gros fournisseur de puces pour SpaceX. Déjà très implanté chez Tesla, la multinationale italo-française a fourni plus d'un milliard de puces pour les terminaux et antennes Starlink, et est présente à tous les niveaux (antennes, satellites et stations au sol).
- Microchip : fabricant américain de semi-conducteurs et acteur incontournable de l'aérospatial et de la défense, réputé pour la haute performance de ses horloges atomiques destinées aux satellites.
- TSMC : géant taiwanais chargé de la fabrication physique des puces.
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