Fermeture
Les marchés européens limitent leurs pertes, des espoirs de reprise du trafic à Ormuz
publié le 02/04/2026
(Zonebourse.com) - Hormis Londres, les Bourses européennes ont terminé la dernière séance de cette semaine écourtée sur un repli moins important qu'à l'ouverture. Les marchés seront fermés demain en raison du vendredi Saint et ne rouvriront que mardi prochain.
Ils reculaient nettement ce matin (jusqu'à -1,57% pour le CAC 40) après les nouvelles déclarations belliqueuses de Donald Trump, la nuit dernière. La baisse moins prononcée des marchés depuis 16h30 fait suite à des informations rapportées par Bloomberg. Selon l'agence de presse, l'Iran serait en train de rédiger un protocole avec Oman concernant l'amélioration du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz.
Après trois hausses consécutives, le CAC 40 a terminé la séance en baisse de 0,24% à 7 962,39 points. L'indice phare parisien a toutefois porté ses gains à 3,28% sur l'ensemble de la semaine, son meilleur exercice hebdomadaire depuis 11 mois. L'Euro Stoxx 50 a cédé 0,91% à 5 680,74 points après trois progressions successives également. A Wall Street, les marchés américains évoluent en très légère baisse.
Vers 17h45, le Dow Jones cède 0,12%.Trump toujours offensif envers l'IranSur le conflit entre Washington et Téhéran, le locataire de la Maison Blanche a affirmé qu'il n'en avait pas fini avec l'Iran. "Nous allons les frapper extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines. Nous allons les ramener à l'âge de pierre auquel ils appartiennent", a-t-il déclaré. Il a également menacé de s'en prendre aux infrastructures énergétiques iraniennes, affirmant qu'en l'absence d'accord, les Etats-Unis allaient "frapper chacune de leurs centrales électriques très durement et probablement simultanément".
Alors que les frappes se poursuivent au Moyen-Orient, le chef d'Etat américain a affirmé que l'Iran ne représente plus, en réalité, une menace. "Ce pays a été anéanti. Ce soir, tous les Américains peuvent croire que nous sommes libres de cette menace nucléaire iranienne, nous sommes sur le point de la détruire pour de bon et quand nous aurons fini, nous serons plus forts et plus prospères que jamais", a-t-il soutenu hier soir.La réponse de l'Iran a été immédiate après le discours de Trump. "Cette guerre se poursuivra jusqu'à votre humiliation, votre déshonneur, vos regrets définitifs et votre capitulation. Attendez-vous à des actions encore plus écrasantes, plus vastes et plus destructrices, a déclaré le commandant opérationnel de l'armée Khatam al-Anbiya, dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat.
Sur les tensions géopolitiques entre américains et iraniens, la Chine a pointé du doigt les Etats-Unis et Israël. Dans son point presse, la porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Mao Ning estime que "les opérations militaires illégales américaines et israéliennes sont la cause première des perturbations de la navigation dans le détroit d'Ormuz". Seuls un cessez-le-feu et l'arrêt des hostilités" préserveront la sécurité du trafic maritime international ", précise-t-elle.A la suite des propos de Trump, sur le marché des matières premières, le net rebond des cours du pétrole a galvanisé le secteur énergétique. Le Brent bondit de 6,8% et le WTI grimpe de plus de 11,4% vers 17h45 à respectivement 107,06 et 110,18 dollars.TotalEnergies parmi les plus fortes progressions du CAC 40Eni a gagné près de 5%, Repsol a progressé de plus de 3%, bp a affiché une des plus fortes hausses du FTSE 100 avec un gain proche de 3%.
Au sein de ce même indice londonien, Shell a avancé de 2,85%. A Paris, Maurel & Prom a bondi de 7,48%. TotalEnergies a figuré parmi les plus fortes hausses du CAC 40 grâce à un gain de 2,4%.D'ailleurs, le titre du géant pétrolier français a progressé à la faveur de deux notes favorables : J.P. Morgan et Citi.Dans sa note d'analyse du jour, J.P. Morgan a maintenu sa recommandation surpondérer et relevé l'objectif de cours de 75 à 86 EUR sur TotalEnergies. La banque américaine justifie sa décision grâce notamment au levier pétrolier compétitif du groupe pétrolier. TotalEnergies bénéficie d'une longévité exceptionnelle de ses actifs Hydrocarbures (O&G) avec des réserves prouvées s'étendant sur 12 ans.Citi a aussi relevé sa cible sur TotalEnergies qui passe de 75 à 90 EUR. Le broker a aussi conservé sa recommandation à achat. Selon l'entreprise financière américaine, "sa thèse d'investissement à l'achat reste inchangée, soutenue par la solidité des activités pétrolières et gazières de la multinationale française, ainsi que par la montée en puissance de sa rentabilité et de la dimension stratégique du pôle Integrated Power".
Dans le reste de l'actualité des valeurs, Lufthansa a reculé d'environ 4%. La compagnie aérienne allemande n'a pas échappé au violent décrochage du secteur aérien engendré par le conflit au Moyen-Orient. L'allocution de Trump particulièrement musclée a sidéré les marchés, entrainant une hausse brutale des cours du brut. Les compagnies aériennes ont subi de plein fouet cette envolée, dans la mesure ou le carburant représente généralement entre 25 et 30% de leurs coûts d'exploitation.Si les compagnies traditionnelles parviennent à répercuter environ 50% de l'inflation des coûts via les prix, Lufthansa souffre d'une couverture carburant "moins attractive" que ses pairs, pointe Morgan Stanley. Selon le broker, la hausse durable des prix du kérosène devrait ainsi peser sur la rentabilité du groupe : l'analyste anticipe une baisse de quelque 17% de l'EBITDA en 2026.Hier soir, Accor ( 1,38%) a annoncé la signature d'un protocole d'accord avec Blackstone en vue de céder sa participation de 30,56% dans Essendi (ex-AccorInvest) à un consortium formé de Blackstone et Colony IM. Les analystes ont accueilli cette opération avec quelques doutes.
L'opération pourrait atteindre 975 millions d'euros, dont 675 MEUR versés à la réalisation et un complément de prix pouvant aller jusqu'à 300 MEUR. Ce matin, Yi Zhong, en charge du dossier chez AlphaValue, rapporte que les conditions de l'accord semblent pourtant "peu convaincantes". L'analyste évoque un ratio VE/EBITDA implicite "inférieur à la moyenne de son secteur de référence", et estime que "le prix reflète une décote considérable par rapport à la valeur nette d'actif (VNA) estimée".De son côté, Jefferies souligne des progrès dans la cession de la participation dans Essendi, avec la signature du protocole d'accord mais juge la structure du prix de cession comme "mixte", la valorisation initiale de 675 MEUR étant inférieure aux attentes du marché.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.