Pré-ouverture
Wall Street vue en hausse, l'Europe dans le vert, espoir d'une résolution rapide du conflit en Iran
publié le 01/04/2026
par Claude Chendjou
PARIS, 1er avril (Reuters) - Wall Street est attendue de nouveau en hausse mercredi et les Bourses européennes sont également nettement dans le vert à mi-séance, les ?propos du président américain Donald Trump sur une fin proche du conflit au Moyen-Orient soulageant les marchés. Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en hausse de 0,47% pour le Dow Jones, de 0,75% pour le Standard & Poor's 500 et de 0,98% pour le Nasdaq.
À Paris, ?le CAC 40 gagne 2% à 7.974 points vers 11h30 GMT. À Francfort, le Dax avance de 2,49% et à Londres, le FTSE prend 1,94%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 progresse de 2,36% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 2,64%. Le Stoxx 600 s'adjuge 2,48%, tous ses grands compartiments étant dans le vert, à l'exception de celui de l'énergie.
Le moral des investisseurs dans le monde s'est amélioré depuis que Donald Trump et son secrétaire d'État Marco Rubio ont évoqué dans la nuit de mardi à mercredi une fin du conflit avec l'Iran, Washington laissant entrevoir à la ?fois la possibilité de discussions directes avec Téhéran et un désengagement progressif du conflit, même sans accord.
"Nous allons partir très bientôt", a déclaré le président américain devant des journalistes, évoquant un horizon assez flou qui pourrait être "d'ici deux semaines."
Cela a suffi aux investisseurs pour renouer avec le risque, alors même que de nouvelles attaques sont signalées ce mercredi sur de nombreux fronts, en Iran, en ?Israël, dans les pays du Golfe et au Liban.
"Même si les signes d'une volonté de négocier sont positifs, il reste des obstacles à ?franchir avant la fin effective du conflit. La reprise des flux d'énergie pourrait prendre encore plus de temps", préviennent les analystes d'UBS Global Wealth Management.
"Une fin soudaine du conflit, tout en laissant le statut du détroit d'Ormuz incertain, pourrait également déboucher sur des prix ?de l'énergie à des niveaux élevés sur une durée plus longue que prévu", ajoutent-ils.
Mais pour le moment, le marché ne semble pas retenir ce scénario, les cours pétroliers ayant chuté en séance de plus de 3%, tandis que la volatilité à Wall Street est tombée à un creux d'une semaine, sous les 25 points. L'indice de la peur sur l'EuroStoxx 50 reflue de plus de 7%, autour de 28 points. Parallèlement, on assiste à une détente ?dans les rendements obligataires en zone euro et aux Etats-Unis.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
En avant-Bourse, les majors ?pétrolières Exxon Mobil et Chevron cèdent respectivement de 2,3% et 2%, tandis que les producteurs de pétrole et de gaz Conocophillips, Occidental Petroleum, Devon Energy et EOG Resources perdent entre 1,9% et ?3,9%. Les groupes parapétroliers Halliburton et SLB abandonnent respectivement 2,8% et 1,5%.
Nike plonge de près de 9% en avant-Bourse. L'équipementier sportif a annoncé mardi soir anticiper une baisse de 2%-4% de ses ventes pour le trimestre en cours, alors que Wall Street tablait sur une hausse de 1,9%, selon les données compilées par LSEG.
VALEURS EN EUROPE
Le compartiment du transport et des loisirs en Europe prend près de 3%, profitant de l'optimisme sur une fin prochaine de la guerre en Iran et du recul des prix pétroliers: Air France-KLM bondit de 6,30%, Accor de 2,70%, et Lufthansa de 4,92%.
A ?l'inverse, le secteur de l'énergie recule de 0,60% avec TotalEnergies ?TTEF.PA (-1,58%), BP BP.L (-1,36%) ou encore Eni ENI.MI (-2,50%).
Legrand avance de près de 4% après l'annonce deux acquisitions dans les "data centers", en Chine et au Royaume-Uni.
Les fabricants européens de vêtements de sport comme Adidas et Puma résistent à la baisse ?attendue en Bourse de Nike.
Rightmove chute de 5,57% après être tombé en séance à un creux de six ans, des traders citant un article de Bloomberg selon lequel des agents immobiliers accusent le portail immobilier de pratiquer des frais "insoutenables".
TAUX
Les rendements obligataires souverains en zone euro reculent fortement mercredi en ?réaction aux dernières déclarations de Donald Trump sur la fin de la guerre contre l'Iran.
Le rendement du Bund allemand à dix ans cède cinq points de base, à 2,9575% après avoir touché en séance un creux de deux semaines à 2,93%.
Le rendement ?du Gilt britannique à dix ans GB10YT=RR est tombé à son plus bas niveau depuis le 18 mars, à 4,782%, les investisseurs ayant revu à la baisse leurs perspectives concernant l'évolution ?des taux directeurs de la Banque d'Angleterre (BoE) avec l'espoir d'une fin du ?conflit au Moyen-Orient. Les contrats à terme sur les taux de la BoE intègrent désormais une hausse des taux de la BoE de 25 points de base d'ici fin 2026 et la possibilité d'une seconde hausse, contre deux ou trois hausses envisagées mardi. Le rendement des bons du Trésor ?américain à dix ans perd 2,6 points de base, à 4,287%, après avoir reflué la veille de 3,1 pb, troisième session d'affilée de baisse.
CHANGES
Le dollar reflue mercredi, ?deuxième séance consécutive de repli, cédant 0,50%, face à un panier de devises internationales alors que l'espoir d'un cessez-le-feu au Moyen-Orient se renforce.
La tendance sur le billet vert pourrait être modifiée avec la publication dans l'après-midi de l'indice ISM manufacturier et de l'enquête ADP sur l'emploi pour le mois de mars, ainsi la statistique des ?ventes au détail pour le mois de février.
L'euro monte légèrement, de 0,41%, à 1,1599 dollar, après la publication d'indicateurs économiques contrastés en zone euro comme les PMI qui montrent que l'activité manufacturière dans le bloc a grimpé à son plus haut niveau depuis près de quatre ans.
Le taux de chômage en zone euro a cependant augmenté à 6,2% en février, tandis qu'en Allemagne, la croissance du PIB est désormais attendue à 0,6% en 2026, selon les principaux instituts économiques allemands. Primoz Dolenc, membre du comité de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) a par ailleurs déclaré ?que l'économie du bloc pourrait déjà être dans le scénario "défavorable" décrit par l'institution de Francfort.
Le scénario "défavorable" de la BCE suppose qu'au deuxième trimestre, 40% des flux de pétrole et de GNL transitant par le détroit d'Ormuz seraient perturbés sans dommages majeurs causés aux infrastructures énergétiques (au-delà de ceux déjà observés).
La livre sterling s'échange à 1,3311 dollar, en hausse de 0,65%, tandis que côté indicateurs, les chiffres des PMI montrent des pressions sur les coûts de production au Royaume-Uni.
PÉTROLE
Le marché pétrolier est en repli mercredi à mi-séance après une hausse en début d'échanges, reflet de l'incertitude concernant la situation au Moyen-Orient, malgré les déclarations encourageantes de Donald Trump sur une fin du conflit. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a par ailleurs mis en garde contre des perturbations sur le pétrole en provenance du Moyen-Orient qui devraient toucher l'Europe en avril.
Le Brent reflue de 1,10% à 102,88 dollars le baril, après avoir atteint un plus bas pour la séance du jour à 98,35 dollars. Le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 1,47% à 99,93 dollars, après être tombé à 96,50 dollars plus tôt en séance.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 1ER AVRIL :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h15 Créations d'emplois - ADP mars 40.000 63.000
USA 12h30 Ventes au détail février
- ?sur un mois +0,5% -0,2%
- sur un an n.d. +3,16%
USA 14h00 Indice ISM manufacturier mars 52,5 52,4
(Rédigé par Claude Chendjou, édité par Augustin Turpin)