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La Caisse des dépôts et consignations

Méconnue du grand public, la Caisse des dépôts et consignations joue pourtant un rôle prépondérant dans l’économie française. Du soutien aux PME à la rénovation des universités en passant par le développement durable, ce bras financier de l’Etat, créé en 1816, conjugue sa mission d’intérêt général avec une stratégie d’ « investisseur avisé ».


La Caisse des dépôts et consignations et ses filiales constituent un groupe public au service de l'intérêt général et du développement économique du pays. Au fil du temps, ses missions ont beaucoup évolué. On en compte aujourd’hui quatre principales : le financement des entreprises, du logement social, de la rénovation des universités et du développement durable.

«Dans les années cinquante, la priorité était au logement social. Dans les années 1980, il fallait financer le déficit public. Aujourd’hui, nous mettons l’accent sur le financement des entreprises», souligne Augustin de Romanet, son directeur général. «En tant qu’investisseur de long terme, elle a vocation à sécuriser le capital des grandes entreprises».

Ainsi, la CDC détient de nombreuses participations dans des sociétés du CAC 40, parmi lesquelles Danone, Eiffage, Vallourec, ou encore Dexia, qu’elle a contribué à sauver lorsque cette dernière était au bord de la faillite. La CDC est également depuis 2007 «le premier apporteur en fonds propres des PME françaises», avec plus de 1000 entreprises soutenues. La Caisse a ainsi pris le relais des banques et des investisseurs en fonds propres dont l’offre de financement aux entreprises s’est tarie pendant la crise financière.

Le bras armé de l’Etat...

A sa création en 1816, la Caisse des dépôts se voit confier la gestion des fonds de retraite des fonctionnaires qu’elle investit dans les emprunts d’Etat. Aujourd’hui encore, c’est elle qui gère les cotisations retraite des fonctionnaires, ainsi que l’ensemble des fonds d’épargne (livret A, livret bleu, Codevi), soit quelque 250 milliards d’euros.

La mission première de la Caisse est d’assurer la sécurité et la liquidité de ce volume considérable d’épargne, tout en l’utilisant à des fins d’intérêt général. Elle place donc ces fonds sur les marchés financiers – sur des produits sécurisés- ou les redistribue sous forme de prêts en faveur du logement social, de la rénovation des hôpitaux, ou de la construction de lignes à grande vitesse. La Caisse a ainsi accordé plus de 13 milliards d’euros de prêts sur fonds d’épargne en 2009. D’où son surnom de « bras armé » ou « bras financier » de l’Etat.

Depuis 2008, la CDC est également le gestionnaire du Fonds stratégique d’investissement (FSI), doté de 20 milliards d’euros, et destiné à «répondre aux besoins en fonds propres d'entreprises porteuses de croissance». En 2009, le FSI est entré au capital de 21 sociétés pour un montant total engagé de 800 millions d’euros.

...Sous contrôle du Parlement

Contrairement à ce que pourrait laisser croire son surnom de « bras financier », la Caisse des dépôts n’est pas un prolongement du ministère de l’économie et des finances. Il s’agit d’un établissement à part dans le paysage institutionnel, placé sous le contrôle du Parlement (dont quatre membres siègent à sa commission de surveillance), bien que son directeur général soit nommé pour cinq ans par le président de la République.

L’autre originalité de cette institution est qu’en dépit de son statut public et de sa mission d’intérêt général, elle peut exercer des activités concurrentielles, ce dont elle ne se prive pas. Outre ses participations dans des grands groupes industriels ou financiers, la CDC détient par exemple la société foncière Icade, le spécialiste des transports collectifs Transdev, et une partie de BlueNext, la bourse européenne des crédits carbone. Elle va par ailleurs investir 1,5 milliards d’euros dans La Poste afin d’aider cette dernière à affronter la concurrence européenne à compter du 1er janvier 2011.

Au final, la Caisse des dépôts joue un rôle d’aiguillon de la politique économique française, et concilie ses missions d’intérêt général avec une stratégie d’investisseur avisé. Elle a ainsi dégagé en 2009 un bénéfice net de près de 2 milliards d'euros, dont un tiers est traditionnellement reversé au budget de l’Etat.

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