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Les placements solidaires

Apparus au début des années 1980, les produits d’épargne solidaire sont longtemps restés confidentiels. Ils sont aujourd’hui disponibles dans la plupart des réseaux bancaires et s’adressent à ceux qui veulent agir par leur épargne. Fonds communs de placement, livrets de partage, ou encore cartes bleues solidaires : les moyens d’ « épargner utile », sans rechercher un gain maximum, sont nombreux.


Le principe :
La finance solidaire consiste à faire fructifier son épargne en finançant des projets qui ont une forte utilité sociale. Pour ce faire, des produits spéciaux existent : on les appelle produits d’épargne solidaire. En France, ils sont recensés et labellisés par l’association Finansol. 

Les destinataires : tous les épargnants. Choisir de placer son argent sur des produits financiers solidaires, c’est accepter qu’une partie de l’épargne soit investie au bénéfice d’activités citoyennes. Les fonds solidaires recherchent avant tout l'utilité sociale, pas la performance financière. 

Les bénéficiaires : l’épargne solidaire finance des projets d’entrepreneurs individuels qui n’ont pas accès au prêt bancaire classique et aide à l’insertion de personnes en difficulté. Concrètement, l’épargne est collectée au profit de « financeurs solidaires » (associations, institutions de micro-finance, sociétés coopératives, fonds de capital-investissement) qui agissent dans les domaines de l’emploi, du logement, de l’environnement et de la solidarité internationale.

Les produits : L’association Finansol, qui fédère les financeurs solidaires, a labellisé en 2010 quelque 120 produits d’épargne solidaire. Ces placements sont aujourd’hui disponibles dans la plupart des réseaux bancaires, même s’ils ne font pas toujours l’objet d’une forte promotion.Dans leur intitulé, ils ressemblent fortement à des produits d’épargne classique : livrets, fonds communs de placement, SICAV, comptes à termes, assurance-vie, etc.

     -  Les livrets de partage

L'épargne de partage consiste, pour l'épargnant, à faire don de tout ou partie des revenus de son placement (intérêts, dividendes) à une œuvre d'intérêt général ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, culturel ou environnemental. Selon les critères du label Finansol, un placement de partage est un produit d'épargne dont le souscripteur reverse, sous forme de don à un organisme solidaire, au moins 25 % des revenus générés. 

La plupart du temps, le choix est laissé à l’épargnant du pourcentage de ses intérêts qu’il souhaite reverser. Le Crédit coopératif a ainsi lancé début 2009 le livret « A comme Agir ». Il s’agit d’un livret A classique assorti d’une option de partage à hauteur de 25%, 50%, 75% ou 100% des intérêts annuels distribués à l’épargnant. L’objectif de ce livret étant de financer le logement social en France, les intérêts sont versés à l’association Habitat et Humanisme, bénéficiaire unique de ce placement. Cette association a pour vocation le maintien ou le relogement de familles en situation d’exclusion dans les centres-villes.

     - Les cartes bleues solidaires

Certaines banques ont créé des cartes bleues solidaires, qui permettent d’effectuer un don à chaque retrait en distributeur automatique. Contrairement aux livrets de partage, le don est ici effectué par la banque, sans incidence sur le compte du client, si ce n’est la cotisation annuelle un peu plus élevée que pour une carte de retrait classique. En souscrivant sa carte, le client choisit l’association bénéficiaire de ses retraits.

     - Les fonds communs de placement

Alors que les livrets de partage procèdent d’une logique de don (reversement d’une partie des intérêts aux financeurs solidaires), les produits d’investissement solidaire consistent, comme leur nom l’indique, à investir un capital dans des activités à forte utilité sociale.  

On trouve dans cette catégorie des OPCVM (SICAV ou FCP), des livrets d’épargne et des produits d’assurance-vie. Les FCP solidaires sont parfois appelés « fonds 90/10 » en référence à la proportion d’investissement dans des entreprises solidaires (10%) par rapport au reste de l’encours (90%). Leur rendement est similaire à celui de FCP classiques. Les entreprises solidaires sont par définition non cotées, tandis que le reste du fonds est généralement placé dans des valeurs boursières dites « éthiques ». Par conséquent, il est exposé aux fluctuations des marchés financiers, mais les actifs solidaires jouent un rôle d’amortisseur à la hausse ou à la baisse.

Des placements à la fiscalité avantageuse

L’ensemble des placements solidaires bénéficie d’une fiscalité avantageuse. Les dons générés par l’épargne de partage peuvent être déduits à hauteur de 66% de l’impôt sur le revenu, quant aux plans d’épargne salariale solidaire, ils sont exonérés d’impôts à condition d’être bloqués cinq ans dans le cadre d’un plan d’épargne entreprise et jusqu’à la retraite pour un plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO).

L’épargne salariale solidaire, une obligation légale

Depuis le 1er janvier 2010, dans le cadre de l'application de la loi de modernisation de l'économie (LME) du 4 août 2008, toute entreprise disposant d'un plan d'épargne entreprise (PEE) ou d'un plan d'épargne interentreprise (PEI) est dans l'obligation de proposer au moins un fonds commun de placement d'entreprise solidaire (FCPES).

Grâce à cette mesure, l'encours de l'épargne salariale solidaire a été multiplié par deux pour atteindre, au début de l'année 2010, 1,012 milliard d'euros. Comme tous les autres fonds communs de placement d’entreprise (FCPES), ils sont alimentés par la participation, l’intéressement, les versements libres des salariés et l’éventuel abondement de l’entreprise. Les salariés peuvent être plus facilement tentés par l’épargne solidaire dans la mesure où celle-ci leur est proposée dans le cadre d’un plan d’épargne d’entreprise (PEE), considéré comme un complément à une épargne classique.

Un marché en forte croissance

L'encours des produits d'épargne solidaire a été multiplié par cinq au cours des six dernières années en France. Il atteignait 2,4 milliards d'euros début 2010. Cependant, seule une petite partie de cet encours sert à financer des projets à forte utilité sociale. En 2009, environ 500 millions d'euros de financements solidaires ont été débloqués à partir de ces placements. Cet argent a, entre autres, permis de créer 26 000 emplois et de loger ou reloger 2000 familles.

Pour plus d'informations: www.finansol.org

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