Défense et aérospatial : les valeurs à suivre dans un monde qui se réarme 1.0
(Easybourse.com) Réarmement européen, drones, spatial : la défense et l?aérospatial entrent dans un nouveau cycle. Voici les principaux angles d?exposition pour les investisseurs.
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D'autres foyers de tension ont suivi : frappes américaines au Venezuela, intensification du conflit Israélo-Palestinien, guerre en Iran, pressions croissantes autour de Taïwan. Le monde multipolaire qui s'installe est structurellement moins stable, et les nations qui avaient parié sur la seule diplomatie sont obligées de revoir toute leur stratégie. La réponse des nations occidentales est historique. Le SIPRI, référence mondiale en matière de dépenses militaires, a enregistré en 2024 la plus forte hausse annuelle depuis la fin de la Guerre Froide. Aux États-Unis, l'administration Trump a franchi le seuil symbolique des 1 000 milliards de dollars de budget défense pour 2026. En Europe, l'Allemagne a opéré une rupture doctrinale majeure et la France a prévu le doublement du budget de défense d'ici 2035. Ce cycle est structurel : des décennies de sous-investissement ont laissé les armées européennes avec du matériel vieillissant qui nécessitait d'être remplacé. Résultat : des carnets de commandes qui s'étendent jusqu'en 2035 voire plus, et l'émergence de nouvelles technologies : drones, IA militaire, connectivité spatiale...
L'incarnation la plus visible de cette souveraineté, c'est le Rafale. L'avion de combat de Dassault Aviation est aujourd'hui l'un des chasseurs les plus demandés au monde. Inde, Égypte, Qatar, Grèce, Émirats, Indonésie : la liste des clients s'allonge à mesure que la demande mondiale s'accélère. Derrière chaque Rafale, il y a un moteur Safran : le groupe est le motoriste incontournable de l'aéronautique française, civile comme militaire. Ses équipements propulsent les avions, équipent les flottes mondiales et, via sa coentreprise ArianeGroup avec Airbus, font de lui un acteur clé du spatial européen. Car Airbus, souvent perçu comme un pure-player de l'aviation civile, est en réalité un acteur militaire de premier plan. Sa division Defence & Space produit l'A400M : l'avion de transport militaire qui équipe plusieurs armées européennes. Airbus développe des satellites militaires et participe aux côtés de Dassault. Dans un contexte de budgets défense en forte hausse, Airbus bénéficie d'une exposition double particulièrement attractive : la reprise du trafic aérien civil d'un côté, l'accélération des commandes militaires de l'autre. La guerre moderne ne se gagne cependant plus seulement dans les airs. Elle se gagne aussi dans le domaine électronique, informationnel et cyber - et c'est précisément le terrain de Thales. Radars, systèmes de communication sécurisés, guerre électronique : le groupe équipe les forces armées de dizaines de pays. Sa division cybersécurité le positionne en outre sur la défense numérique, un marché en explosion à mesure que les cyberattaques deviennent un vecteur de guerre à part entière. En 2025, Thales a enregistré des prises de commandes largement supérieures aux attentes des analystes, portées notamment par des contrats avec les ministères de la défense britannique et allemand : preuve que le réarmement européen profite bien au-delà des frontières françaises.
Les budgets reflètent cette prise de conscience. Selon Breaking Defense et Task & Purpose, le Pentagone a inscrit près de 54 milliards de dollars dans son budget 2027 pour son tout nouveau Defense Autonomous Warfare Group, chargé de massifier la production de systèmes autonomes : une hausse vertigineuse depuis les montants alloués l'année précédente. Pour s'exposer à cette thématique, AeroVironment et Kratos Defense représentent deux angles complémentaires : le premier sur les drones tactiques et munitions avec un carnet de commandes militaires record, le second sur les drones de combat autonomes de haute performance. Palantir complète le tableau en tant que cerveau logiciel de ces flottes, via sa plateforme Gotham déployée dans plusieurs armées occidentales. En France, Tonner Drones offre une exposition spéculative à l'écosystème drone tricolore via ses diverses participations.
Le symbole de cette révolution, c'est SpaceX. La société d'Elon Musk a non seulement transformé l'accès à l'espace avec ses lanceurs réutilisables mais elle a surtout construit avec Starlink la première constellation de satellites à haut débit en orbite basse. SpaceX s'apprête par ailleurs à franchir une étape historique : une cotation sur le Nasdaq sous le ticker SPCX, avec une valorisation estimée entre 1 750 et 2 000 milliards de dollars : ce qui en ferait l'une des plus grandes IPO de l'histoire des marchés financiers. Dans le sillage de SpaceX, Rocket Lab s'est imposé comme le principal concurrent crédible sur le segment des lanceurs légers. Son Electron est aujourd'hui le deuxième lanceur orbital le plus utilisé au monde. La société développe en parallèle un lanceur de taille moyenne, le Neutron, et bénéficie d'une visibilité solide grâce à ses contrats avec la NASA et le Département de la Défense américain. La connectivité spatiale est également au coeur du projet d'AST SpaceMobile. Là où Starlink nécessite une antenne dédiée, AST SpaceMobile ambitionne de connecter directement les smartphones ordinaires depuis l'espace, sans équipement supplémentaire. Une promesse technologique soutenue par des partenariats variés et plus d'un milliard de dollars d'engagements contractuels sécurisés selon ses derniers résultats. La société reste néanmoins une valeur de croissance pure, avec une exécution encore à prouver à grande échelle. En Europe, Eutelsat incarne la réponse du Vieux Continent à la domination américaine. L'opérateur français a fusionné avec OneWeb pour se repositionner sur les constellations en orbite basse et concurrencer Starlink sur la connectivité haut débit. La transition est ambitieuse mais la situation financière reste sous surveillance - Eutelsat est une valeur de conviction à haut risque, à réserver aux investisseurs qui croient dans le rôle stratégique d'un champion spatial européen indépendant. Enfin, impossible d'évoquer cette révolution sans mentionner Nvidia, dont les GPU propulsent l'ensemble de l'écosystème : traitement d'images satellites, navigation autonome, IA embarquée à bord des constellations de nouvelle génération. ![]()
Le tableau ci-dessous récapitule les principales valeurs et ETF évoqués dans cet article.
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CAPELLE Simon
Publié le 11 Mars 2026




